Derrière « La Fabrique à histoires » : la reconquête industrielle des métiers de l’électronique

200 000, c’est le nombre de 'Fabrique à histoires' qui sortiront cette année du sous-traitant électronique BMS Circuits membre du groupe ALL circuits situé à Mouguerre près de Bayonne. Une production relocalisée depuis la Chine en 2019. Comme le symbole d’une reconquête industrielle des métiers de l’électronique.

« Notre ambition est de redonner ses lettres de noblesse à l'électronique et de continuer à poursuivre l'aventure de l'électronique en France », explique Karim Mahé, directeur du site (350 salariés). Pour y parvenir et créer des emplois, sa méthode tient en un mot : automatiser. Contre-intuitif mais logique pour le dirigeant : « Plus nous automatisons avec des normes de qualité très élevées, plus nous sommes compétitifs et en mesure de remporter des marchés localisés à l’étranger. C'est ainsi que nous générons de l'activité et des emplois en France. » développe-t-il.

Cette orientation stratégique s’accompagne d’une profonde évolution des métiers marquée par une élévation du niveau de qualification des collaborateurs. « On passe des métiers d'opérateur à des métiers de conduite de ligne plus axés sur le paramétrage. Cela demande plus de compétences et de formation. »

Photo de la ligne de production de la

Redonner des lettres de noblesse à l’électronique

Une méthode testée et approuvée avec la « Fabrique à histoires » de la start-up française Lunii. Depuis 2019, les salariés du sous-traitant électronique (EMS[1]) assurent le bon déroulement des opérations de soudage et collage des composants électroniques sur des circuits imprimés. En collaboration avec son client, les ingénieurs en R&D de l’entreprise ont repensé le produit. « Nous sommes passés de 3 circuits imprimés à un seul, de 24 vis à seulement 4. En bout de chaîne, il fallait 25 personnes pour une 'boîte à histoires' ; chez nous, il en faut 5. » Ces innovations de procédés permettent un partenariat fructueux. « Pour notre client, c’est plus de qualité, moins de complexité et d’empreinte carbone. Pour notre équipe, c’est une activité supplémentaire et un projet grand public particulièrement enthousiasmant car il touche à l’éveil de l’enfant. »

 

Des pièces essentielles pour relever le défi de la transition écologique

Des projets porteurs de sens, les 8 lignes de production du sous-traitant en sont remplies. Au total, 150 000 pièces électroniques variant selon les petites et grandes séries, manuelles ou automatisées, sortent quotidiennement de ce site. La moitié de ces pièces, principalement des capteurs électroniques, est destinée à l'industrie automobile, dont le nombre de composants électroniques ne cesse d'augmenter.

Une activité branchée sur courant continu et s’ouvrant à de nouveaux marchés, notamment celui de la gestion de l'énergie. L’entreprise produit des capteurs destinés à limiter les consommations d'énergie. Des pièces peu visibles mais essentielles pour relever le défi de la transition écologique. « Ce sont des projets dans l'air du temps et en parfaite adéquation avec l’ambition de l’entreprise de maximiser son efficacité énergétique. »

Pour témoigner de cette réalité, l'entreprise ouvre régulièrement ses portes au grand public. « Beaucoup de gens sont surpris de découvrir un environnement automatisé, miniaturisé, et propre. »

Une nouvelle ère pour la sous-traitance électronique en France.

[1] Electronic manufacturing services (EMS) est couramment utilisée dans l'industrie électronique pour désigner les entreprises qui fournissent des services de fabrication en sous-traitance pour des produits électroniques

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