L’édition de février 2026 de l’Observatoire des prix des métaux industriels souligne une fragmentation accrue des marchés mondiaux. Entre des stocks de cuivre drainés massivement vers les États-Unis par incertitude douanière et un sursaut volatil du nickel lié aux annonces politiques indonésiennes, l’UIMM et Rexecode décryptent ce trimestre.
Cuivre des stocks inédits et… des accidents de production
- Prix et tendance : le prix spot moyen du cuivre s’est établi à 11 100 $/t au T4 2025, affichant une hausse sensible de +13,4 % par rapport au trimestre précédent. Après avoir franchi les 12 000 $/t fin novembre, un pic exceptionnel a été observé à la mi-janvier 2026 autour de 13 300 $/t.
- Facteurs clés : cette hausse, déconnectée des cycles classiques, s’explique par un drainage massif des stocks vers les États-Unis (plus de 500 000 tonnes au COMEX) en raison des incertitudes commerciales, créant une rareté sur le marché européen. Parallèlement, des ruptures de production en Indonésie, au Chili et en RDC maintiennent le taux d’utilisation des capacités minières sous les 80%.
- Anticipations : les prévisions suggèrent une normalisation progressive vers une zone comprise entre 11 000 et 11 500 $/t au premier semestre 2026. Toutefois, le cuivre devrait s’installer durablement au-dessus de la barre des 10 000 $/t, porté par les besoins structurels de l’électrification et des data centers.
Nickel, une surprise informationnelle dans un marché excédentaire
- Prix et tendance : le prix spot moyen s’est établi à 15 760 $/t sur les trois derniers mois, en hausse de +5,0 % par rapport au trimestre antérieur. Après un point bas à 14 100 $/t début décembre, les cours ont bondi pour dépasser les 18 500 $/t fin janvier 2026.
- Facteurs clés : ce retournement brutal fait suite aux annonces des autorités indonésiennes signalant un futur resserrement des volumes. Ce choc d’anticipation intervient dans un marché pourtant structurellement excédentaire, où la production minière a progressé de +11 % en 2025 et où les stocks du LME ont franchi le cap des 250 000 tonnes.
- Anticipations : Le scénario central table sur une correction ordonnée vers les 16 000 $/t d’ici le milieu de l’année 2026. La trajectoire effective dépendra de la matérialisation réelle des restrictions de production en Indonésie ; à défaut, le profil excédentaire favorisera une détente graduelle.
Acier, une hausse des coûts dans une conjoncture fragile
- Prix et tendance : le prix moyen pondéré du panier sidérurgique européen s’est établi à 652 €/t au T4 2025, soit une légère progression de +1,6 % sur un trimestre. Ce mouvement confirme une sortie du point bas estival mais reste bien en deçà des niveaux de 2023.
- Facteurs clés : ette remontée est davantage un ajustement technique lié aux coûts qu’un regain de demande. La fermeté des prix de la ferraille et la hausse du prix du carbone (EU ETS proche de 90 €/t) soutiennent les prix malgré une demande atone dans l’automobile et la construction. L’entrée en vigueur du MACF au 1er janvier 2026 génère également une incertitude réglementaire incitant à la prudence.
- Anticipations : Les prix pourraient suivre un profil en cloche en 2026, avec un point haut attendu au printemps entre 720 et 740 €/t. Une normalisation graduelle vers 670-690 €/t est anticipée pour la fin de l’été, sous réserve d’un relâchement de la pression sur les intrants.