Les jeunes Français travaillent-ils moins que leurs voisins européens ? Derrière cette question se dessinent des enjeux de compétitivité, de formation et d’insertion professionnelle. Dans son étude publiée en juillet 2026, La quantité de travail des jeunes : mesure, enjeux et leviers, Olivier Redoulès et Célestin Gancel économistes l’institut Rexecode apportent des éléments de réponse. Trois graphiques permettent d’en comprendre les principaux constats.
880 000 jeunes hors radars
Le premier point d’alerte concerne les NEETs. Selon l’étude de l’institut Rexecode, 11 % de la classe d’âge des 15-24 ans ne sont aujourd’hui ni en emploi, ni en études, ni en formation. Ce volume massif place la France au 4e rang des pays de l’Union européenne où ce taux est le plus élevé.
Rexecode explique ce décrochage par les défaillances d’un système éducatif qui peinerait à corriger les inégalités socio-économiques dès le niveau primaire et échoue dans l’orientation, générant des sorties précoces du parcours scolaire et une exclusion durable de l’emploi.
Temps de travail : le grand fossé
En corrélation directe avec cette exclusion, le rapport de Rexecode met en lumière un autre de nos indicateurs critiques : le volume annuel moyen de travail des 15-24 ans plafonne à seulement 526 heures en France, contre 746 heures en Allemagne. Un déficit de près de 30 % face à notre principal partenaire économique.
L’institut attribue ce décalage à l’insertion particulièrement tardive des jeunes Français sur le marché du travail (taux d’emploi de 35 %). Bien que la part des jeunes en études soit similaire à la moyenne européenne (72 %), l’Hexagone cumule une forte proportion de NEETs et un très faible cumul emploi-études.
Un cloisonnement études-emploi tenace
Ce déficit d’activité s’expliquerait également par un cloisonnement marqué entre cursus académique et monde professionnel. En France, selon les données d’Eurostat, à peine 24 % des étudiants exercent une activité rémunérée parallèlement à leur cursus universitaire.
Pour les potentielles raisons, Rexecode souligne un recours très faible au temps partiel (7 % contre 52 % aux Pays-Bas), freiné par le plancher légal de 24 heures hebdomadaires qui pèse sur les employeurs, ainsi que par un manque de valorisation académique, comme l’absence de reconnaissance de ces activités par des crédits ECTS.
Aller plus loin : les recommandations de Rexecode pour renforcer l’emploi des jeunes
Au-delà du constat, l’étude de Rexecode formule plusieurs recommandations visant à favoriser une entrée plus précoce des jeunes dans l’emploi, à développer les passerelles entre études et activité professionnelle et à lever les freins réglementaires identifiés.
Elle revient également sur les leviers susceptibles d’améliorer durablement l’insertion des nouvelles générations et de renforcer le potentiel de croissance de l’économie française.