« Nous ne faisons pas de la RSE parce que c’est bien, nous le faisons parce que c’est utile. »

Muriel Lelong dirige 2PS, une entreprise aveyronnaise de 20 collaborateurs spécialisée dans le revêtement d’implants orthopédiques par projection plasma. Première entreprise labellisée « médaille d’or » dans le cadre de la démarche RSE de l’UIMM « + Engagés, + Performants », la dirigeante revient sur sa vision d’une RSE ancrée dans la réalité économique et industrielle.

Quel est le cœur de métier de 2PS située à Montbazens ?

Pour simplifier, nous appliquons de la poudre d’os artificielle sur des prothèses de hanches, de genoux ou de chevilles. C’est un procédé de haute précision, de la bijouterie industrielle. Nous utilisons le quatrième état de la matière, le plasma, pour créer un jet à 15 000 degrés qui projette la poudre sur la pièce. Nous sommes seulement sept en Europe sur ce créneau.

Vous venez d’obtenir la médaille d’or du label RSE de l’UIMM. Comment abordez-vous cette démarche ?

Les actions RSE doivent être concrètes et permettre à l’entreprise de s’y retrouver économiquement, sinon au mieux c’est du bénévolat au pire du greenwashing.

Il faut donc transformer ce discours de « je fais de la RSE parce que c’est bien » en une composante d’une réflexion où chaque action doit avoir une utilité économique et une vraie raison d’être.

Sur la RSE, si une entreprise ne s’y retrouve pas économique au mieux c’est du bénévolat au pire du greenwashing.

Quelles actions vous ont permis de lier utilité économique et RSE ?

Nous sommes une entreprise en pleine croissance et nous cherchions à augmenter l’amplitude horaire de production sur les machines. La solution : travailler sur 4 jours et demi plutôt que 5. Ainsi, nous prolongeons l’amplitude quotidienne des équipements et dédions le créneau du vendredi après-midi à la maintenance ce qui ne perturbe pas le flux de production. C’est un gain immense en confort pour les salariés et cela nous permet d’augmenter la production. C’est aussi un levier d’attractivité pour recruter. Tout le monde y gagne.

Autre exemple, nous avons installé un circuit fermé pour réutiliser l’eau de refroidissement de nos machines. Sans eau, nous ne produisons pas. En juillet, si on nous coupe l’eau comme cela peut arriver en Espagne à quelques kilomètres, je perds 20 % de ma production. Rationaliser l’eau, ce n’est donc pas seulement une action RSE, c’est aussi sécuriser l’entreprise face aux risques climatiques.

Ce sont des actions utiles qui s’inscrivent dans une vraie réflexion.

Rationaliser l’eau, ce n’est pas seulement RSE, c’est aussi sécuriser l’entreprise face aux risques climatiques.

Il vous reste une marche à franchir pour atteindre le niveau « Platine ». Quels sont les axes de travail pour y parvenir ?

L’obtention de la médaille « Platine » n’est pas une option pour moi. Pour cela, nous explorons des pistes d’autonomie énergétique, comme la production de notre propre hydrogène avec des électrolyseurs. Les autres défis seront d’imprégner un peu plus notre chaîne de valeur dans notre démarche. Nous devons aussi continuer à formaliser ce que nous faisons déjà.

Le Label de l’UIMM ? Il est carré, structuré et facile à prendre en main.

Quel est le principal bénéfice de cette labellisation pour une dirigeante de PME ?

L’avantage du label de l’UIMM c’est qu’il est carré, structuré et facile à prendre en main. Cela nous a permis de poser les choses, de lister nos actions et de réaliser que nous avions une démarche cohérente. Elle est désormais formalisée et nous pouvons ainsi la valoriser en interne comme auprès de nos parties prenantes.

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