La RSE uniquement une affaire de grands groupes ? Non ! La preuve avec Samuel Ducat, dirigeant de SD mécanique générale, une société de 2 salariés situés à Troyes dans l’Aube. Il a reçu la 1 500ème charte d’engagement « + Engagés + Performants ». Il explique les raisons de son engagement et les bénéfices quotidiens qu’il en tire en tant que dirigeant d’une TPE « où il faut savoir tout faire ».
Pourquoi faut-il s’engager dans une démarche RSE même dans une entreprise de 2 salariés ?
Pour moi, c’est une question de dynamisme et de réalisme. On dit souvent « petite entreprise » ou « petit chef d’entreprise », mais je n’aime pas ces termes. Nous gérons des structures où il faut savoir tout faire et prendre des risques. C’est d’autant plus vrai dans l’industrie où il faut investir notamment pour le parc machines. Jusqu’ici, je faisais beaucoup de choses intuitivement. Or le problème quand on ne formalise pas, c’est qu’on peut vite s’écarter de sa ligne de conduite avec la fatigue ou la charge de travail. La charte agit comme un « bornage ».
La charte RSE nous permet d’exister auprès de ces donneurs d’ordres sans être noyés par une complexité administrative. C’est une démarche dimensionnée, lisible et surtout valorisante pour notre savoir-faire.
De plus, si on veut décrocher des marchés, il faut être proactif. Par exemple, via le GIE Armitech 3D (basé dans les Ardennes) dont je fais partie, nous travaillons pour l’armement et la défense. Nous devons coller à leur réalité et aux exigences de “gros” acteurs. La charte RSE nous permet d’exister auprès de ces donneurs d’ordres sans être noyés par une complexité administrative. C’est une démarche dimensionnée, lisible et surtout valorisante pour notre savoir-faire.
Vous dites que la RSE est devenue pour vous un véritable « outil de pilotage ». Comment cela se traduit-il au quotidien ?
Elle nous éclaire sur nos points forts et nos axes d’amélioration. Formaliser nos pratiques nous permet de ne pas nous évader et de rester rigoureux. C’est un investissement de temps que je ne regrette absolument pas, car il nous donne un repère structurant. En fin de compte, cela nous permet de gagner en efficacité et, par extension, de protéger notre rentabilité.
A ce titre, je tiens à remercier l’UIMM Champagne-Ardenne et plus particulièrement Sandra Hamny et Lise Nguyen pour leur accompagnement.
Rester à la pointe humainement et techniquement.
La dimension humaine est centrale dans une démarche RSE. Quel rôle votre salarié joue-t-il ?
J’ai la chance d’avoir un collaborateur qui partage cette volonté d’amélioration constante. Pour moi, valoriser un salarié, c’est avant tout reconnaître son expertise professionnelle de haute technicité sur sa machine, et c’est normal ! La démarche RSE de l’UIMM, qui s’appuie notamment sur des piliers solides en matière de social et RH ou de gouvernance et stratégie, nous apporte des leviers d’actions concrets pour structurer cette vision.
En amenant les sujets RSE de façon positive et ludique, on crée une véritable cohésion. Mon salarié n’y voit pas une contrainte, mais un projet de construction commune. On avance ensemble, dans la bonne humeur, pour s’assurer que l’entreprise reste à la pointe humainement et techniquement. C’est ce dynamisme collectif qui garantit notre avenir.