Le pilier Social & RH place l’humain au centre de la performance industrielle. il est la clé pour bâtir un environnement de travail qui attire, développe et fidélise les talents. 3 entreprises témoignent des actions qu’elles ont menées et valorisées par la démarche RSE de l’UIMM.

Ce pilier vise à répondre à cinq enjeux essentiels pour un engagement durable des collaborateurs :

  1. Créer des conditions d’emploi pérennes et agir pour la diversité et l’inclusion ;
  2. Gérer et développer les compétences, la reconnaissance et l’évolution ;
  3. Développer et promouvoir la cohésion sociale ;
  4. Préserver la santé et la sécurité au travail des salariés ;
  5. Développer la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT).

Des exemples d’actions concrètes

Découvrez les actions concrètes des entreprises, preuves que l’investissement dans l’humain est la clé du succès :

Magalie Delforterie est Responsable communication et RSE de Toyota Motor Manufacturing France (TMMF), rassemblant près de 5 000 salariés à Valenciennes. Sandrine Aubois, PDG de MCH à Marpent, est à la tête d’une PME de 25 salariés. Leur point commun ? Elles ont toutes les deux validé la certification de Référent RSE proposée par l’École RSE UIMM. Apports concrets de la formation, nouveau rôle dans leur entreprise… elles expliquent comment la formation répond à leurs enjeux respectifs dans des entreprises pourtant très différentes.

Pouvez-vous nous présenter votre parcours et votre rôle au sein de votre entreprise ?

Sandrine Aubois (S.A) : Je suis PDG de MCH Marpent depuis 2005. J’y ai commencé en l’an 2000 comme chaudronnier. Notre entreprise est spécialisée dans la chaudronnerie, la maintenance et la tuyauterie industrielle. En tant que dirigeante de PME, mon rôle est extrêmement large : je gère l’administratif, les ressources humaines, la comptabilité, mais aussi les achats et le suivi technique des chantiers. Ce rôle très « sur tous les fronts » explique en grande partie la nécessité de structuration.

Magalie Delforterie (M.D) : Je suis arrivée chez TMMF en 2005 en tant que stagiaire communication. Embauchée en 2007, j’ai évolué dans les fonctions de la communication, de la communication interne vers la communication externe, avant de devenir Responsable de l’équipe. Mon intérêt pour la RSE s’est renforcé au fil des années, notamment en constatant l’importance croissante de ces enjeux.

La certification est apparue comme la solution idéale pour organiser et documenter nos pratiques tout en répondant aux exigences du marché.

Quels objectifs visiez-vous en vous inscrivant à l’École RSE UIMM ?

S.A : Pour une PME comme la nôtre, le déclencheur a été très concret : la nécessité de structuration en vue d’une possible transmission de l’entreprise. J’étais un peu dispersée, gérant tout, et nous faisions beaucoup de choses bien, mais de manière informelle, jamais formalisées par écrit. Au-delà de cet objectif interne, nous observons que nos clients et les financeurs sont de plus en plus demandeurs de conformité RSE. La certification est apparue comme la solution idéale pour organiser et documenter nos pratiques tout en répondant aux exigences du marché.

M.D : Chez TMMF, nous menons des actions RSE depuis plus de 25 ans. Notre enjeu n’était pas de commencer, mais bien d’acquérir des outils concrets d’évaluation et de pilotage. Nous cherchions à intégrer la RSE de manière plus formelle à nos indicateurs de performance industrielle et viser de nouveaux labels, prouvant notre engagement.

Tout savoir sur l’École RSE de l’UIMM

Comment la formation vous a-t-elle apporté des outils concrets adaptés à votre réalité industrielle ?

M.D : C’est le point fort de la formation : le côté immédiatement applicable sur le terrain. Nous avons reçu des outils d’analyse et de pilotage qui complètent parfaitement nos systèmes internes, notamment le référentiel RSE de l’UIMM, qui est conçu sur mesure pour le secteur industriel. Cela nous a donné une méthode claire pour évaluer notre stratégie globale.

Le point fort de la formation ? Elle est immédiatement applicable sur le terrain.

S.A : Absolument ! Les outils, en particulier les tableaux de pilotage qui balayent tous les points de la RSE (RH, environnement, social, sécurité), sont simples et très pratiques à utiliser pour une PME. Mais le plus grand bénéfice est venu des échanges ! Le fait de partager en atelier et en petit groupe avec des profils très différents nous a donné des idées très concrètes sur les projets que nous pourrions mettre en place chacun à notre échelle.

Quel est l’impact de ce rôle de référent RSE sur vos équipes et vos projets d’entreprise ?

S.A : La RSE m’a permis de sortir de mon isolement et de communiquer avec mes salariés sur des sujets que je gérais seule. Le résultat le plus surprenant est leur participation : ils sont proactifs, proposant eux-mêmes des initiatives ! C’est un vrai moteur d’engagement pour l’entreprise, qui s’est concrétisé par des actions comme le recrutement d’un chef d’atelier, demandé par l’équipe. Cela nous a permis de projeter l’entreprise sur les 15 prochaines années avec des objectifs intermédiaires, par exemple, celui d’obtenir une certification bronze d’ici deux ans et en planifiant déjà d’autres projets en sécurité-santé et en environnement.

La formation de référent RSE nous a permis de projeter l’entreprise sur les 15 prochaines années avec des objectifs intermédiaires.

M.D : Le rôle de référent RSE consiste notamment à favoriser les synergies entre les services impliqués dans les enjeux RSE, à valoriser nos résultats RSE en lien direct avec nos indicateurs de performance industrielle et pourquoi pas à obtenir de nouveaux labels. Aux professionnels qui hésitent, je dirais : foncez ! C’est une opportunité unique pour structurer votre démarche et faire progresser durablement votre entreprise, quelle que soit sa taille.

Aux professionnels qui hésitent, je dirais : foncez !

Investir dans la prévention et la sécurité au travail ne doit plus être un frein. Jusqu’à 70 % des dépenses engagées pour la mise en place de mesures SST peuvent être octroyées grâce à la Convention Nationale d’Objectifs (CNO) signée entre l’UIMM et l’Assurance Maladie. Découvrez les actions concrètes finançables pour vous aider à mener une politique efficace de prévention des risques professionnels.

Quel est l’intérêt direct d’une CNO pour mon entreprise ?

Elle vous permet de signer un Contrat de Prévention avec votre CARSAT. Ce contrat est la porte d’entrée pour obtenir des avances financières qui seront ensuite transformées en subventions. Ces fonds sont dédiés à l’investissement dans des mesures concrètes de réduction des risques professionnels.

Ces projets financés avec la CNO contribuent directement à la pérennité de notre activité et à l’amélioration des conditions de travail sur le site.

Quelles sont les entreprises concernées ?

La CNO de la Métallurgie (CTN A) est applicable jusqu’au 31 août 2027. Elle s’applique aux entreprises du secteur de la métallurgie qui envisagent un contrat de prévention.

Pour bénéficier de l’aide financière, quatre conditions cumulatives sont requises :

  1. Avoir un effectif global de moins de 200 salariés.
  2. Disposer d’un Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) à jour.
  3. Ne pas faire l’objet d’injonctions ou de majorations de son taux de cotisation Accidents du Travail et Maladies Professionnelles (AT-MP).
  4. Être à jour de ses obligations sociales auprès de l’URSSAF.

50%

des contrats de prévention concernent des entreprises de 20 salariés ou moins

78%

des contrats de prévention concernent des entreprises de 50 salariés ou moins

Quelles actions la CNO peut-elle permettre de financer ?

La CNO couvre une grande partie des risques professionnels spécifiques à votre environnement : de la lutte contre les Troubles Musculosquelettiques (TMS), sécurisation contre les chutes, gestion des nuisances physiques (bruit/vibrations) et la prévention des risques liés aux circulations engins-piétons et aux dangers mécaniques et électriques…

Voir les études de cas

À cet effet, la CNO a notamment permis à des entreprises de financer des actions comme :

34000€

montant moyen du financement octroyé par la CARSAT (tous secteurs confondus)

3 étapes pour bénéficier des financements de la CNO de la métallurgie pour ses actions de prévention

  1. Contactez votre CARSAT: C’est le point de départ. Vous travaillerez ensemble à l’élaboration du Contrat de Prévention. Cette phase inclut une analyse de votre situation pour définir les objectifs de prévention, les actions concrètes pour réduire les sinistres, et les délais de mise en œuvre.
  2. Consultez votre CSE : Le Comité Social et Économique (CSE) doit être consulté et prendre connaissance des objectifs de ce contrat.
  3. Finalisation administrative : Avant de signer le contrat avec la CARSAT, vous devez informer deux entités : la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS) et la Direction des risques professionnels de la Caisse nationale de l’Assurance Maladie (DRP de la CNAM).

Un réseau de préventeurs UIMM vous accompagne tout au long de la démarche

Pour simplifier vos démarches et maximiser l’efficacité de vos investissements, les UIMM Territoriales sont à vos côtés grâce à un réseau dédié de préventeurs. Elles accompagnent les entreprises industrielles à chaque étape de ce processus. Que ce soit pour la mise en place de votre DUERP, la préparation des consultations du CSE, ou l’accompagnement administratif pour la constitution et le dépôt de votre dossier de Contrat de Prévention auprès de la CARSAT, vous bénéficiez d’une expertise de branche dédiée à votre secteur.

Identifier votre UIMM Territoriale

Donner la parole à celles et ceux qui font l’Industrie, sans filtre ni tabou : tel est l’objectif de ce nouvel épisode de « Taffer comment ? » réalisé en partenariat avec Olecio et l’UIMM. Pendant près de 40 minutes, trois jeunes professionnels se sont livrés à un exercice peu courant : parler de leur quotidien, de leurs passions, et de l’évolution de leurs métiers.

Ils s’appellent Franck, ingénieur responsable en manufacturing 4.0, en alternance, Gérémy, technicien méthodes, et Krystal, ancienne soudeuse, aujourd’hui technicienne en bureau d’études. À travers leurs témoignages, ils lèvent le voile sur la réalité du terrain : la rigueur, la créativité et le sens collectif qui animent les femmes et les hommes de l’industrie. Ils évoquent aussi ce qui donne du sens à leur engagement : améliorer les procédés de fabrication, garantir la sécurité aéronautique, ou encore concevoir des prothèses qui redonnent de l’autonomie.

J’aime mon métier, c’est ma passion.

Encourager celles et ceux qui font l’industrie à prendre la parole

L’UIMM est convaincue que l’attractivité des métiers passe avant tout par la parole de celles et ceux qui les exercent. En donnant la parole à des professionnels au parcours authentique, l’objectif est de faire découvrir la richesse et la diversité des carrières industrielles, loin des idées reçues. Cette démarche s’incarne notamment à travers plusieurs initiatives phares :

En donnant la parole à ces ambassadeurs, l’UIMM apporte une réponse directe et concrète aux questions que se posent les jeunes. Leurs témoignages prouvent que l’industrie d’aujourd’hui est ouverte, innovante et porteuse de sens. Des témoignages rendus possibles grâce aux entreprises qui encouragent leurs collaborateurs à s’exprimer, au quotidien comme devant la caméra, pour faire rayonner les métiers de l’industrie.

[2/2] « Si la France parvient à atteindre ses objectifs de féminisation dans les filières scientifiques et techniques, notre industrie et notre économie en seraient profondément transformées à horizon 2035 », affirme Bénédicte Robert, inspectrice générale à l’Inspection Générale de l’Éducation, du Sport et de la Recherche (IGESR) et co-autrice du rapport Filles et mathématiques : lutter contre les stéréotypes, ouvrir le champ des possibles. Elle en détaille les raisons dans le second volet de cette interview.

Quel serait le premier impact de cette transformation ?

Le premier impact serait un gain majeur de croissance et de productivité. En s’appuyant sur les modélisations du Conseil d’Analyse Économique (CAE), le rapport estime qu’une politique favorisant l’accès des femmes les plus talentueuses aux métiers de l’innovation générerait environ 10 milliards d’euros de croissance supplémentaire par an.

De plus, des études montrent qu’une meilleure mixité est corrélée à une productivité accrue. Une hausse de 10 points de la part des femmes dans les entreprises où elles sont sous-représentées est associée à un gain de productivité de 2% à 3%.

Une plus grande mixité dans les équipes de conception et de R&D aurait un impact direct sur la nature même des innovations

Comment la féminisation des filières STEM pourrait-elle aider à résoudre la pénurie de main-d’œuvre qualifiée ?

L’industrie française fait face à des besoins croissants en ingénieurs et techniciens, estimés à environ 15 000 ingénieurs supplémentaires par an d’ici 2033, notamment pour réussir les transitions écologique et numérique. Doubler le nombre de femmes entrant dans les filières STEM permettrait de combler une grande partie de ce déficit de compétences sans évincer les hommes. Cela assurerait la capacité de la France à mener à bien ses grands projets industriels (réindustrialisation, décarbonation, intelligence artificielle).

Au-delà des chiffres économiques, quel serait le deuxième grand bénéfice pour la société ?

Le deuxième impact serait de garantir des produits et services pour toute la société. Une plus grande mixité dans les équipes de conception et de R&D aurait un impact direct sur la nature même des innovations. Le rapport cite des exemples concrets où la sous-représentation des femmes a conduit à des produits mal adaptés ou à des oublis, comme les tests de sécurité automobile basés sur des mannequins masculins ou les premières applications de santé qui « oubliaient » le suivi du cycle menstruel.

À quoi ressemblerait l’innovation dans une industrie plus mixte en 2035 ?

Une industrie plus mixte en 2035 concevrait des technologies, des services et des infrastructures plus universels et mieux adaptés aux besoins de 50% de la population. En s’intéressant à des problématiques jusqu’ici négligées, notamment dans la santé des femmes (FemTech), la sécurité ou les biens de consommation, l’industrie de 2035 ouvrirait de nouveaux champs d’innovation et de nouveaux marchés.

Les métiers STEM étant parmi les plus rémunérateurs, une plus grande présence des femmes dans ces carrières réduirait mécaniquement les inégalités salariales

Quelles seraient les conséquences sur l’égalité économique et sociale ?

Le rapport rappelle que les écarts de salaires entre hommes et femmes s’expliquent aux trois quarts par des différences de filières et de secteurs. Les métiers STEM étant parmi les plus rémunérateurs, une plus grande présence des femmes dans ces carrières réduirait mécaniquement les inégalités salariales dès le début de la vie active.

Quel serait l’impact sur la présence des femmes aux postes de direction ?

Les filières d’ingénieurs étant le principal vivier des dirigeants des grandes entreprises françaises, une féminisation des écoles d’ingénieurs se traduirait, à horizon 2035, par une présence beaucoup plus forte de femmes dans les comités de direction et aux postes de PDG. Les objectifs de la loi Rixain (40% de femmes dans les instances dirigeantes) deviendraient plus facilement atteignables.

Enfin, quel serait l’effet à long terme sur les stéréotypes et l’orientation des jeunes filles ?

Une industrie avec des femmes ingénieures, chercheuses et dirigeantes visibles partout contribuerait à briser définitivement le stéréotype associant les sciences au masculin, facilitant ainsi l’orientation des générations futures. Cela rendrait les mesures volontaristes (comme les quotas) progressivement inutiles.

Une industrie plus juste, plus riche, plus innovante et mieux armée pour répondre aux grands défis

En résumé, comment peut-on décrire l’industrie française de 2035 en cas de succès de la mixité ?

Si elle réussit ce pari de la mixité, l’industrie française de 2035, ne serait pas seulement plus juste, mais aussi plus riche, plus innovante et mieux armée pour répondre aux grands défis technologiques et sociétaux du XXIe siècle.

Voir la première partie de l'interview

[1/2] Le constat est implacable : bien que majoritaires à l’entrée du lycée, les filles désertent massivement les filières de Sciences, Technologie, Ingénierie et Mathématiques (STEM). Un « tuyau percé », que Bénédicte Robert, inspectrice générale à l’Inspection Générale de l’Éducation, du Sport et de la Recherche (IGESR), décrypte le cadre d’un rapport « Filles et mathématiques : lutter contre les stéréotypes, ouvrir le champ des possibles ».

Vous utilisez la métaphore du « tuyau percé » pour décrire la diminution progressive du nombre de filles dans les filières STEM. Quelles sont, selon vous, les principales « fuites » à chaque étape du parcours scolaire et universitaire ?

La métaphore du « tuyau percé » illustre la diminution progressive et continue de la proportion de filles dans les filières de sciences, technologie, ingénierie et mathématiques (STEM) tout au long de leur parcours de formation.

La première déperdition massive s’opère dès le lycée, au moment des choix de spécialités. Alors que les filles sont majoritaires en seconde générale et technologique (55%), cette majorité ne se traduit pas par un investissement équivalent dans les matières scientifiques. Ainsi les filles sont sous-représentées dans les quatre enseignements de spécialité (EDS) STEM que la mission a retenus (mathématiques, physique-chimie, sciences de l’ingénieur, numérique et sciences informatiques). 

Si les filles sont majoritaires en seconde générale et technologique, elles sont sous-représentées dans les quatre enseignements de spécialité STEM

La fuite la plus critique se situe à la fin de la classe de Première. Beaucoup de filles, y compris celles issues de la triplette la plus scientifique (Mathématiques – Physique-Chimie – SVT), choisissent de conserver PC et SVT, avec l’option « mathématiques complémentaires », un choix qui ferme la porte à de nombreuses filières STEM post-bac.

Après le baccalauréat, même parmi les filles ayant un profil scientifique solide, beaucoup ne choisissent pas les filières STEM les plus sélectives ou les plus mathématisées. Le graphique ci-dessous résume cela très bien. A noter que cette fuite se poursuit également à l’entrée dans la vie active : même diplômées d’une filière STEM, les femmes sont plus nombreuses que les hommes à ne pas faire carrière dans ces secteurs.

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Dans les évaluations nationales et internationales (PISA, TIMSS) récentes des écarts de performance entre filles et garçons ont été mesurés. Le rapport conclut que si un écart existe en faveur des garçons, son ampleur est faible. Statistiquement, et en s’appuyant sur la métrique du « d de Cohen », l’écart filles-garçons en France (d ≈ 0,2) est cinq fois moins important que l’écart de niveau entre les élèves issus de milieux favorisés et défavorisés, ou que l’écart entre la France et Singapour.

À niveau égal, voire supérieur, les filles choisissent une autre voie que les filières scientifiques

Par ailleurs, le rapport s’est penché sur le vivier féminin pour les formations scientifiques sélectives. Le rapport montre que, parmi les filles admises en filière STEM via Parcoursup mais qui refusent toutes leurs propositions, une grande partie a des notes en spécialité mathématiques supérieures à la médiane des admis (filles et garçons confondus) dans ces mêmes filières. À niveau égal, voire supérieur, elles choisissent une autre voie.

Donc ce n’est pas un problème de niveau scolaire. La vraie raison, c’est le poids écrasant des stéréotypes de genre. L’idée que « les maths, c’est pour les garçons » reste très présente et joue un rôle très important à l’adolescence, période de construction identitaire, où s’identifier comme « féminine » peut sembler incompatible avec l’image « masculine » des sciences. A cela s’ajoute la « censure sociale » : Les filles sont régulièrement exposées, de la part de leurs pairs et parfois des adultes, à des remarques qui remettent en cause leur légitimité dans les filières scientifiques. Le rapport parle d’une « censure sociale » qui conduit à une « autocensure » : les filles finissent par intérioriser le message que leur place n’est pas là. 

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Si le problème est avant tout culturel, comment chacun (parents, enseignants, conseillers d’orientation, et chefs d’entreprise) peut-il agir concrètement pour changer la donne ?

Le rapport insiste sur le fait que la lutte contre les stéréotypes de genre en STEM est l’affaire de tous. Il propose une série d’actions concrètes pour chaque acteur de la chaîne éducative et professionnelle, afin de créer un écosystème plus inclusif et égalitaire.

Concernant les enseignants, le rapport fait un certain nombre de préconisations, autour notamment de la pédagogie égalitaire, qui ont d’ailleurs largement été reprises dans le plan « Filles et maths ». Le monde économique est un partenaire indispensable : la mise à disposition de rôles modèles et de mentors est l’une des actions les plus efficaces, scientifiquement éprouvée.

La lutte contre les stéréotypes de genre en STEM est l’affaire de tous

Les rôles modèles sont un levier puissant contre l’autocensure des filles. Comment mieux les déployer à grande échelle ?

Basé sur l’évaluation d’expériences existantes (notamment le programme de la fondation L’Oréal), le rapport définit les conditions du succès de l’intervention des « role model » : l’intervenante doit être « accessible », c’est-à-dire suffisamment proche des élèves en âge, en parcours ou en milieu social pour que l’identification soit possible ; le discours doit être préparé pour être positif et inspirant, en évitant d’insister sur les difficultés et les sacrifices.

L’idéal serait que chaque fille au lycée général et technologique bénéficie d’au moins une intervention par an, de préférence en demi-classe pour favoriser les échanges, et à des moments clés juste avant les choix d’orientation. Le ministère est actuellement engagé, avec ses partenaires, dans une stratégie de déploiement à grande échelle.

Accéder au rapport

Pour aller plus loin

Si les efforts collectifs portent leurs fruits et que les femmes trouvent pleinement leur place dans l’industrie, à quoi pourrait bien ressembler l’industrie française dans dix ans, en 2035 ? Comment l’arrivée massive de femmes dans l’ingénierie, l’informatique et la recherche transformerait-elle l’innovation, la culture d’entreprise et la compétitivité nationale ? Dans un second volet, Bénédicte Robert explore cette future industrie plus paritaire et plus performante, en analysant les défis et les opportunités d’une véritable égalité des chances dans les métiers de demain.

voir "Féminisation des filières STEM : vers une industrie transformée dès 2035 ?"

Semaine de l’industrie, Fête de la Science, Journées du Patrimoine… Les occasions d’ouvrir les portes des entreprises industrielles se multiplient. Et c’est tant mieux ! Bien plus qu’une visite, c’est une opportunité de valoriser vos savoir-faire, d’attirer de futurs talents et de renouveler l’image de l’industrie. L’UIMM vous accompagne pour faire de ce moment une réussite.

1. Répondre aux enjeux RH : expliquer, attirer, recruter

Quel que soit votre objectif, chaque visite peut y répondre. C’est souvent le premier contact avec le monde professionnel pour les jeunes. La visite est une opportunité pour susciter des vocations, offrir une immersion concrète aux demandeurs d’emploi, et fournir aux prescripteurs les clés pour mieux orienter les futurs talents.

2. Valoriser vos savoir-faire et vos équipes

En donnant la parole à vos équipes, vous faites d’eux de véritables ambassadeurs. Leurs témoignages sur leur parcours, leur métier et les possibilités d’évolution sont un moteur puissant pour l’orientation et l’attractivité des métiers.

3. Démystifier les métiers de l’industrie

En montrant la diversité et la richesse de vos métiers, souvent méconnus, comme le démontre Sélim dans le cadre de la campagne #FiersDeFaire. C’est un excellent moyen de révéler notamment la dimension humaine et la place du collectif dans le quotidien des professionnels de l’industrie.

4. Salaires, conditions de travail : l’atout de la transparence

En abordant des sujets concrets comme les perspectives d’évolution, les salaires ou encore la QVCT, les portes ouvertes sont l’occasion de démontrer que l’industrie offre des carrières stables et bien rémunérées, un argument de poids pour attirer et retenir les talents.

L’UIMM vous accompagne

Les UIMM territoriales vous accompagnent concrètement dans cette démarche. Au-delà du simple conseil, des outils et des services sont mis à votre disposition pour vous aider à organiser, animer et structurer ces visites… et faire de ces journées votre succès.

Les UIMM Territoriales vous accompagnent

La formation des talents est au cœur de la compétitivité de l’industrie. L’affectation du solde de la Taxe d’Apprentissage est un levier pour y contribuer. La plateforme SOLTéA simplifie cette démarche. 5 questions pour vous guider vers un choix utile pour fabriquer l’avenir.

Qu’est-ce que SOLTéA ?

SOLTéA est la plateforme numérique unique, gérée par la Caisse des Dépôts et Consignations, dédiée à la répartition du solde de la taxe d’apprentissage. Représentant 13% de cette dernière, il contribue au financement du développement des formations initiales technologiques et professionnelles hors apprentissage ainsi qu’à l’orientation et l’insertion professionnelle, notamment par le soutien des associations qui œuvrent pour la promotion et l’attractivité des métiers.

Cette affectation est à réaliser par vos soins, en procédant à un fléchage de votre contribution depuis la plateforme. Cette plateforme centralise les listes de l’ensemble des structures habilitées. Une démarche plus simple et plus efficace, même pour les groupes d’établissements.

Comment s’assurer que la taxe d’apprentissage sert concrètement l’industrie ?

En fléchant le solde de la taxe d’apprentissage vers les Associations régionales de promotion des métiers de l’industrie, vous garantissez un impact direct sur le secteur. Leurs missions sont de :

Pour les associations, les fonds servent à l’organisation d’événements (forums, portes ouvertes, défis technologiques), à la création de supports de communication percutants, et au financement d’actions visant à valoriser les carrières industrielles. Ils s’adressent aux établissements scolaires, prescripteurs de l’emploi et aux personnes en recherche d’opportunités et de reconversions professionnelles.

Pour être éligibles, ils figurent sur les listes d’habilitation officielles (arrêtées par les autorités compétentes). Ils sont donc tous référencés et trouvables via le moteur de recherche interne de SOLTéA.

Quels types de projets sont financés par les associations régionales de promotion des métiers ?

Quelques exemples de projets réalisés grâce à la taxe d’apprentissage :

Forindustrie : un univers extraordinaire et ludique pour découvrir les métiers

Découvrir le projet

La Fabrique 4.0 : une usine itinérante pour toucher du doigt les métiers industriels et expérimenter un cycle de production complet.

Découvrir le projet

Pilotage de l’accueil des stagiaires de 3ème et Seconde dans les entreprises

Découvrir le projet du Pôle formation UIMM Bretagne

Quand et comment se déroule cette collecte ?

La campagne de répartition SOLTéA se déroule en deux phases courtes durant les mois de mai/juillet et de septembre/octobre de chaque année. Dans ces périodes, restez attentifs aux communications qui sont faites.

Pour cette année 2025, le calendrier est le suivant :

Mode d’emploi

  1. Rendez-vous sur la plateforme SOLTéA.
  2. Fléchage : Utilisez le moteur de recherche pour sélectionner les organismes de votre choix que vous souhaitez soutenir, et indiquez le montant de votre solde.
Voir le flyer de la Caisse des Dépôts

Attention, si vous ne répartissez pas l’intégralité de votre solde avant la clôture des campagnes, les fonds non affectés seront redistribués de manière automatique par l’État. C’est en fléchant votre solde via SOLTéA vers ces structures que nous agissons ensemble pour l’industrie.

Quelques semaines après les succès de l’équipe de France aux EuroSkills 2025 d’Herning, la Compétition nationale WorldSkills fait son grand retour ! Du 16 au 18 octobre, Marseille accueille la 48e Compétition nationale des métiers. Trois jours de défis qui désigneront les champions nationaux et formeront l’Équipe de France des Métiers en vue des prochaines compétitions internationales. 5 chiffres à retenir pour suivre cette compétition hors normes. 

800 comme… le nombre de compétiteurs

La 48e édition de la Compétition nationale des métiers WorldSkills France rassemble 800 jeunes de tous horizons dans près de 100 métiers représentés.

15 comme… le nombre de métiers industriels en compétition  

Au cœur du dispositif, les métiers de l’industrie seront largement représentés : mécatronique, maintenance, fabrication additive, intégration robotique, fraisage… autant de domaines qui illustrent la diversité des savoir-faire des entreprises industrielles.  

3 comme… le nombre de métiers industriels participant au dispositif « Parcours + »

Nouveauté, cette édition fait la part belle à l’inclusion grâce à « Parcours + ». Ce dispositif permet à une quarantaine de personnes en situation de handicap de concourir dans 18 métiers. Parmi eux, dans l’industrie, figurent ceux de la CAO – ingénierie mécanique, l’électronique ou encore le soudage.  

40 000 comme… le nombre de visiteurs attendus

Les WorldSkills, c’est une compétition, mais aussi une vitrine pour les entreprises industrielles et leur savoir-faire. Ainsi, près de 40 000 personnes sont attendues dont près de 25 000 scolaires qui pourront toucher du doigt la réalité des métiers industriels en admirant le talent des compétiteurs.

10 comme… le nombre de délégations étrangères invitées

Comme à chaque édition, des délégations étrangères seront présentes et pourront s’exercer aux côtés des compétiteurs français. L’enjeu pour ces 10 délégations comprenant en tout 15 compétiteurs ? Se préparer et jauger la concurrence en vue des prochaines échéances internationales comme la finale mondiale Shanghai 2026, européenne avec les EuroSkills Düsseldorf 2027 et les Abilympics Helsinki 2027. 

Le site de l'évènement

Face à l’émergence des géants industriels et technologiques américains et chinois, l’Europe se trouve à un carrefour stratégique concernant sa doctrine de la concurrence. Cette vidéo « Décodage » de Frédéric Gonand, professeur d’économie à l’Université Paris-Dauphine et conseiller économique de l’UIMM éclaire le débat sur le taux de marge (markups) des entreprises et la nécessité de faire émerger de véritables « champions européens » capables de rivaliser à l’échelle mondiale.

Revoir la doctrine antitrust : un impératif pour l’indépendance industrielle ?

Alors que la politique antitrust classique, historiquement appliquée par la Commission européenne, vise à surveiller et interdire les concentrations d’entreprise jugées dominantes afin de maintenir la concurrence, cette approche est aujourd’hui remise en question par des voix influentes, notamment dans le sillage du rapport Draghi de 2024.

Le maintien de taux de marge plus faibles en Europe, contrastant avec l’envolée des markups observée aux États-Unis, soulève la question de la capacité des entreprises européennes à exploiter les économies d’échelle nécessaires à l’innovation et à l’investissement massif dans les secteurs d’avenir (cloud, intelligence artificielle, semi-conducteurs).

L’analyse démontre que l’assouplissement de la doctrine de la concurrence outre-Atlantique a favorisé l’émergence de groupes plus solides. Pour l’Europe, l’objectif stratégique est désormais clair : adapter le cadre réglementaire pour permettre à la logique industrielle de prévaloir et de transformer un enjeu de simple redistribution économique en une priorité de survie industrielle.