Entre 2022 et 2025, plus de 1 700 entreprises ont obtenu la charte RSE UIMM « + engagés + performants » à travers la France. Que révèle ce large échantillon sur les entreprises de la métallurgie qui s’engagent dans cette démarche de responsabilité sociétale ? L’analyse des données menée par l’UIMM montre des entreprises aux profils et aux niveaux de maturité variés, mais qui trouvent dans cette démarche des réponses concrètes à leurs enjeux.

Une dynamique en forte accélération

Le recueil des données sur la période 2022-2025 met en évidence une adoption croissante de la démarche. Sur un total de 1 718 chartes délivrées sur cette période, les deux tiers ont été obtenues sur les seules années 2024 et 2025. Cette nette accélération traduit une intégration grandissante des enjeux RSE au cœur des stratégies des entreprises industrielles.

Des TPE-PME majoritaires, une attractivité croissante auprès des ETI et grands groupes

Les statistiques issues des évaluations montrent une forte représentation des petites et moyennes structures parmi les bénéficiaires de la charte UIMM. Ainsi, 65 % des entreprises évaluées comptent moins de 50 salariés.

Si l’on affine la répartition démographique du panel, 44 % de ces entreprises se situent dans la tranche des 15 à 49 collaborateurs, et 20 % sont de Très Petites Entreprises (TPE) de moins de 15 salariés.

Taille des entreprises du panel – Echelle nationale

Taille des entreprises du panel

Échelle nationale

Répartition des entreprises interrogées selon leur effectif salarié.

Source : Panel d’entreprises – Enquête nationale RSE.

Des problématiques communes qui irriguent l’ensemble des fonctions des entreprises

Quelle que soit leur taille ou leur spécialité, les entreprises industrielles partagent des problématiques communes concernant l’ensemble de leurs fonctions (commercial, RH, environnement, production…).  

Les données indiquent que la démarche répond prioritairement à un besoin d’organisation interne et de performance. L’objectif premier lors de l’adoption de la charte, pour 53 % des entreprises du panel, est d’initier, de formaliser ou de cartographier leur politique RSE. En complément, près d’un quart des entreprises (24 %) citent la sollicitation de leurs clients comme moteur de leur engagement, la charte permettant de répondre aux exigences croissantes des donneurs d’ordres.

Notons que la démarche RSE de l’UIMM aide les entreprises à engager et structurer une démarche RSE et à produire un reporting de durabilité conforme à la norme volontaire, dites VS, de l’Union européenne.

Enfin, l’évaluation croisée de ces cinq piliers (Gouvernance/stratégie, Social – RH, Développement produits-marchés-services, Production et impact environnemental, Ecosystème de l’entreprise) met en exergue que l’impact carbone et les achats responsables font partis des principaux chantiers de transition identifiés pour l’ensemble du panel.

Enjeux de gouvernance, de production, commerciaux, sociaux, environnementaux… C’est pour répondre de façon coordonnée à ces objectifs transversaux que la démarche RSE de l’UIMM a été pensée à travers 5 piliers divisés en 25 enjeux.

Une démarche adaptée à tous les niveaux de maturité

Quel que soit ce niveau de départ ou les démarches déjà existantes dans l’entreprise, telle que les certifications ISO, la démarche RSE de l’UIMM répond à un besoin : chaque entreprise trouve  dans la Charte RSE UIMM un cadre méthodologique précis pour évaluer ses acquis à 360° et construire une première feuille de route stratégique sur mesure.

Motivations des entreprises du panel

Échelle nationale

Répartition des principales motivations déclarées par les entreprises interrogées (effectifs et pourcentages).

Source : Panel d’entreprises — Enquête nationale RSE.

Tremplin pour l’insertion, révélateur de vocations et vitrine de l’excellence professionnelle : les concours techniques offrent aux jeunes une occasion unique de se dépasser. De la robotique à la chaudronnerie, tour d’horizon de quatre compétitions de référence pour valoriser vos élèves et apprentis dans l’industrie.

Les WorldSkills (Compétition des métiers) 

Bien plus qu’une compétition, WorldSkills est une immersion collective intense qui transforme durablement les parcours. Des sélections locales jusqu’aux finales mondiales ou encore les EuroSkills et les épreuves Abilympics ouvertes aux personnes en situation de handicap, les candidats repoussent leurs limites dans des spécialités phares de l’industrie : CAO, mécatronique, chaudronnerie, intégration robotique, usinage ou fabrication additive…

Le site du concours

Le Concours général des métiers 

Héritier d’une prestigieuse tradition née au XVIIIᵉ siècle, ce concours met à l’honneur les savoir-faire des filières professionnelles, de l’usinage au prototypage 3D en passant par la chaudronnerie, la fonderie et l’électricité connectée. Après une première sélection sur épreuve écrite, les finalistes s’affrontent lors d’une épreuve pratique d’une vingtaine d’heures, où maîtrise technique, rigueur et capacité d’innovation font la différence. 

Le site du concours

Le Concours « Un des meilleurs apprentis de France » (MAF) 

Né en 1985 et porté par la Société des Meilleurs Ouvriers de France, le concours réunit aujourd’hui 6 500 candidats. Le concours met notamment en valeur des jeunes apprentis en soudage, chaudronnerie industrielle ou usinage sur commande numérique comme Cyril Frebert, ancien apprenti au Pôle formation UIMM Eure Seine Estuaire.

Le site du concours

Concours « Un des Meilleurs Ouvriers de France » (MOF) 

Créé en 1924, ce concours d’excellence distingue des professionnels confirmés dont le savoir-faire, la créativité et l’exigence témoignent d’une maîtrise exceptionnelle de leur métier. Il met à l’honneur les experts de l’usinage, de la chaudronnerie, de la soudure, de la fonderie, de la maintenance industrielle ou encore de l’électrotechnique à travers la réalisation d’une œuvre de haut niveau technique. 

Le site du concours

Les Olympiades Fanuc 

Conçu pour accompagner l’émergence des compétences d’avenir en automatique et robotique industrielle, ce défi d’équipe constitue une passerelle stratégique entre le milieu académique et le monde de l’entreprise. En planchant sur des cellules robotiques et des commandes numériques concrètes, les étudiants se projettent dans les métiers qui transforment l’outil de production. 

Le site du concours

HI-STO-RI-QUE. N’ayons pas peur des mots : les résultats de l’équipe de France de l’industrie aux WorldSkills de Shanghai 2026 le sont. Face aux plus grandes nations industrielles de la planète, nos jeunes professionnels ont démontré avec éclat que l’exigence, l’ingéniosité et la précision françaises se hissent sans complexe sur les sommets de la hiérarchie mondiale.

Une moisson exceptionnelle pour l’Équipe de France

À Shanghai, l’Équipe de France décroche 28 médailles dans 32 métiers. Les métiers industriels ont largement contribué à cette performance, avec une médaille d’or, plusieurs Médailles d’Excellence et trois finalistes mondiaux.

La relève se prépare déjà

Après Shanghai, les prochaines échéances internationales sont déjà en vue : les Abilympics, du 10 au 14 mai 2027 à Helsinki avec notamment Auxence Dorigo, puis les EuroSkills, du 22 au 26 septembre 2027 à Düsseldorf. Deux compétitions qui réuniront les meilleurs talents des métiers à l’échelle mondiale et européenne.

Pour préparer la relève, les sélections régionales WorldSkills vont bientôt débuter dans les territoires. Apprentis, élèves des filières professionnelles et technologiques, jeunes professionnels : vous aimez la technique et le défi ? La prochaine compétition est pour vous.

Les champions de demain se préparent dès aujourd’hui.

Cette vidéo « Décodage », présentée par Frédéric Gonand, économiste à l’Université Paris-Dauphine et Conseiller économique à l’UIMM, analyse les effets de l’intelligence artificielle sur la croissance économique à long terme. Ce décryptage confronte les gains de productivité spectaculaires réalisés sur des tâches ciblées aux réalités macroéconomiques agrégées et aux défis de sécurité.

Un contraste entre essor technologique et croissance macroéconomique

Selon l’économiste Frédéric Gonand, il existe un décalage apparent entre des gains de productivité spectaculaires sur des tâches précises grâce à l’IA générative – comme le codage informatique ou la gestion future des outils bureautiques (Word, Excel, PowerPoint) – et l’absence de décollage vertical de la croissance globale à court terme.

Pour éclairer ce phénomène, Frédéric Gonand s’appuie sur une perspective historique de long terme de l’économie américaine. Malgré des révolutions technologiques majeures successives (l’électrification, l’informatisation et aujourd’hui l’IA), la tendance du PIB par habitant s’est maintenue de manière remarquable autour de 2 % par an sur les 150 dernières années.

Selon l’analyse, chaque innovation majeure agit comme un relais permettant de contrer la loi des rendements décroissants et de stabiliser cette trajectoire séculaire, sans pour autant l’emballer durablement.

Graphique 1 : PIB par tête aux États-Unis

Graphique 1 : PIB par tête aux USA (1880-2025)

Tendance 2%/an

Selon l’analyse de Frédéric Gonand, la croissance tendancielle reste ancrée autour de 2% malgré les révolutions technologiques successives.

Source : US Bureau of Economic Analysis (2025) & Barro et Ursua (2010).

Le modèle des « maillons faibles » et la diffusion progressive de l’IA

Pourquoi cette propagation est-elle si graduelle ? Frédéric Gonand l’explique à travers les modèles économiques dits « de production à maillon faible ». Un processus productif repose sur une séquence de tâches non substituables. Même si l’IA automatise de nombreuses étapes cognitives, l’efficacité globale de la chaîne reste inévitablement dictée par les maillons qui demeurent non automatisés.

Les simulations économiques montrent ainsi que l’automatisation de 2 % des tâches jusqu’alors non automatisées n’apporte qu’un surcroît de PIB par tête limité à 1 % à moyen-long terme. Pour Frédéric Gonand, les effets de l’IA sur la croissance se matérialiseront donc de manière inéluctable, mais lente et progressive sur la prochaine décennie ou vingtaine d’années.

Graphique 2 : Modèle à maillon faible

Graphique 2 : Modèle à maillon faible

Séquence de production

Illustration de la substitution progressive du travail par les machines et l’IA dans les étapes séquentielles non substituables selon l’analyse de Frédéric Gonand.

1. Régime 100% travail (XIXe siècle) :
Conception
Tâche 1
Tâche 2
Tâche 3
Tâche 4
Contrôle
2. Automatisation partielle (XXe siècle) :
Conception
Tâche 1 (Mach)
Tâche 2 (Mach)
Tâche 3
Tâche 4 (Mach)
Contrôle
3. Révolution IA (XXIe siècle – Tâches cognitives) :
Conception (IA)
Tâche 1 (Mach)
Tâche 2 (Mach)
Maillon Faible
Tâche 4 (Mach)
Contrôle (IA)
Note : L’efficacité globale de la chaîne de production est bridée par le maillon non automatisé.

Entre promesses à long terme et vigilance à court terme

En conclusion, Frédéric Gonand souligne que la véritable tension ne réside pas seulement dans le calendrier des gains de productivité, mais dans le contraste entre des bénéfices assurés à long terme et des risques immédiats à court terme. L’utilisation malveillante potentielle de l’IA (cyberattaques, désorganisation des infrastructures énergétiques ou financières) représente un coût potentiel considérable. Cet état de fait incite, selon l’économiste, les industries à redoubler de vigilance en matière de cybersécurité.

Graphique 3 : Simulation Stanford

Graphique 3 : Simulation Stanford des effets de l’IA sur le PIB par tête

Impact à moyen-long terme selon la part des tâches non automatisées désormais prises en charge par l’IA ($s$).

Modèle Jones & Tonetti (2026)
Note de lecture : Si 2% ($s=0,02$) des tâches sont automatisées (ex: codage), le surcroît de PIB par tête est de 1% ($1,01$). Si 50% ($s=0,5$) le sont, le gain atteint 19% ($1,19$).

Les « Décodages » sur le thème de l’Intelligence Artificielle :

En pleine croissance, l’entreprise industrielle et familiale Manergo conçoit et fabrique depuis plus de 40 ans des équipements de manutention, de stockage et d’automatisation. Pour fidéliser ses 50 salariés, son dirigeant Pierre-Antoine Sant structure sa stratégie de partage de la valeur avec Cœur Industrie Épargne Salariale. Entretien.

En quoi le partage de la valeur est-il devenu un enjeu clé dans le développement de Manergo ?

Dans notre entreprise familiale, la question de l’engagement des salariés s’est toujours posée. Dès la crise sanitaire, nous avons instauré la « prime Macron », puis nous avons activé les dispositifs successifs de partage de la valeur. Aujourd’hui, après avoir franchi le cap des 40 ans et connu une forte croissance en passant de 30 à 50 salariés, nous souhaitions formaliser et pérenniser cette démarche. Notre volonté est très claire : faire bénéficier directement l’ensemble des collaborateurs de notre histoire collective.

Nous souhaitions formaliser et pérenniser cette démarche de partage de la valeur

Vous disposiez déjà d’un accord d’intéressement. Qu’apporte concrètement un dispositif complet d’épargne salariale à vos équipes ?

L’épargne salariale vient compléter notre accord d’intéressement pour lui donner une portée concrète et durable. Notre enjeu est d’offrir à chacun la possibilité de transformer les performances de l’entreprise en projets personnels : qu’il s’agisse de constituer une épargne de précaution, de concrétiser un projet immobilier ou de préparer sereinement sa retraite. C’est un levier qui donne une perspective financière tangible au travail accompli au quotidien.

Pourquoi avoir porté votre choix sur l’offre « Cœur Industrie Épargne Salariale » ?

L’orientation des fonds vers l’économie productive et l’industrie a été un critère absolument décisif. Chez Manergo, nous concevons et fabriquons l’intégralité de nos équipements en France, sur notre site de Raismes. Choisir une épargne qui réinvestit dans le tissu industriel fait écho à notre propre ADN et à notre ancrage territorial. Il y a une parfaite cohérence entre ce que nous produisons et la manière dont l’épargne de nos salariés est investie.

Dans quelle mesure ce dispositif renforce-t-il votre attractivité et votre marque employeur ?

Dans une PME en pleine expansion, la question du recrutement et de la rétention est centrale : aujourd’hui, il faut être de plus en plus attractif. L’épargne salariale fait partie intégrante de la boîte à outils indispensable pour capter de nouveaux talents et fidéliser les compétences déjà présentes. Elle démontre que la croissance de l’entreprise profite directement à ceux qui la font exister.

Choisir une épargne qui réinvestit dans le tissu industriel fait écho à notre propre ADN

L’épargne salariale paraît parfois complexe pour les PME. Comment s’est passée son adoption au sein de l’entreprise ?

Comme beaucoup de PME, nos équipes et nous-mêmes devions nous familiariser avec ces mécanismes. Mais la simplicité du produit et la qualité de l’accompagnement ont fait toute la différence. Nous avons été particulièrement bien épaulés, et la solution s’avère simple à appréhender, aussi bien pour la direction que pour les collaborateurs. C’est la clé pour qu’un tel dispositif soit compris et pleinement adopté.

Tout savoir sur Coeur industrie

Pierre-Antoine Sant, Président-directeur général de Manergo

Pour les donneurs d’ordres industriels, l’évaluation RSE des sous-traitants est devenue un impératif stratégique. À travers leurs retours d’expérience, trois représentantes de grands groupes et d’ETI détaillent la manière dont la démarche de l’UIMM leur permet de nouer des partenariats durables, alignés sur leurs exigences.

Conçue sur mesure pour les réalités du tissu industriel, la démarche RSE de l’UIMM propose un parcours progressif et modulaire, accessible à toutes les entreprises, des TPE-PME aux grands groupes. Elle s’articule autour de piliers opérationnels complémentaires :

Ces deux formes d’engagement sont complétées par l’École RSE qui offre un cursus résolument « pratico-pratiques » et ancré sur le terrain, permettant de former des référents internes aux enjeux clés de la démarche.

La démarche vue par les donneurs d’ordres

Découvrez comment les donneurs d’ordres s’appuient concrètement sur la démarche UIMM pour qualifier, embarquer et valoriser leurs sous-traitants :

Répondre à la loi sur le devoir de vigilance et renforcer l’attractivité des offres commerciales des fournisseurs (Naval Group -Amandine Viala et Juliette Muyl) : 

Soumis aux obligations légales du devoir de vigilance (santé et sécurité au travail, droits humains, environnement), Naval Group doit évaluer ses fournisseurs situés dans des secteurs d’activité à risque. La charte d’engagement et le label RSE de l’UIMM sont des outils pour qualifier leurs fournisseurs et valorisables dans les offres commerciales du groupe.

Rendre la RSE obligatoire et accessible aux usineurs (Groupe Numalliance -Marion Étienne) :

Si les fournisseurs de composants standards (moteurs, variateurs) disposent déjà de certifications (EcoVadis, ISO 14001), la démarche était plus complexe pour les fournisseurs de pièces sur plan liés à la métallurgie. Numalliance a rendu la charte d’engagement RSE obligatoire en orientant ses usineurs partenaires vers la charte UIMM. L’intervention d’un auditeur pendant une demi-journée permet de challenger l’entreprise sur la gouvernance et les enjeux RSE, levant l’idée reçue qu’une telle démarche n’était ni accessible ni pertinente pour une PME.

Anticiper le long terme et co-décarboner la filière (Conductix-Wampfler, Groupe Delachaux – Peggy Deustch) : 

Pour l’entreprise l’enjeu est de disposer de partenaires capables d’anticiper les risques climatiques, de développer et fidéliser leurs compétences et d’afficher une éthique irréprochable. En s’appuyant sur l’école RSE et en finançant des bilans carbone gratuits pour ses petits fournisseurs, l’entreprise engage concrètement ses partenaires dans une trajectoire commune de décarbonation.

Découvrir la démarche RSE de l’UIMM « + Engagés + Performants »

Les métiers de la maintenance se transforment rapidement : automatisation, nouvelles technologies, transition environnementale. Des mutations qui imposent de renouveler et d’adapter les compétences. Comment la formation professionnelle, notamment à travers les CQPM, accompagne-t-elle cette évolution ? Illustration avec le partenariat entre l’Association nationale des Pôles formation UIMM et l’Union des Transports Publics et Ferroviaires (UTPF).

En 2026, 74 % des recrutements de techniciens et agents de maîtrise en maintenance générale et mécanique industrielle sont jugés difficiles, selon France Travail (BMO 2026). Dans le même temps, les besoins en recrutement au sein des branches des transports urbains et ferroviaires sont estimés à 12 000 à horizon 2030, notamment en lien avec le développement de l’offre des transports, l’ouverture à la concurrence et les effets de la pyramide des âges.

Grand Paris Express, métros, tramways, régénération du réseau ferroviaire : les équipements se développent et se modernisent, avec des technologies toujours plus innovantes. L’enjeu : faire émerger la nouvelle génération de professionnels de la maintenance.

Passer d’une demande individuelle à une réponse collective

La première étape consiste à écouter les entreprises de l’UTPF, territoire par territoire, pour comprendre leurs besoins réels : quelles technologies utilise(ro)nt-elles ? Quels équipements doivent-elles maintenir ? Quelles compétences leur manquent-elles aujourd’hui ?

L’idée est de cibler des bassins ou des territoires dans lesquels plusieurs adhérents partagent un même besoin

Pour cela une enquête auprès des directions des ressources humaines des entreprises adhérentes de l’UTPF sera lancée notamment en Ile-de-France, Centre Val de Loire, dans le Grand-Est et le Nord. « L’idée est de cibler des bassins ou des territoires dans lesquels plusieurs adhérents partagent un même besoin », explique Samantha Tersou, responsable grands comptes de l’Association nationale des Pôles formation UIMM, qui participe à la mise en œuvre du partenariat.

Une fois les besoins collectifs identifiés sur un territoire, les Pôles formation UIMM interviendront pour apporter une réponse pédagogique, avec la co-construction du cahier des charges puis la mise en œuvre de l’ingénierie de la formation.

Le CQPM, le bon outil

Le certificat de qualification paritaire de la métallurgie (CQPM) est un outil essentiel pour répondre aux besoins des branches. Concrètement, l’évolution d’un CQPM peut porter sur plusieurs dimensions :

La possibilité de déployer des CQPM au sein de nos branches nous permet de déployer une offre de formation certifiante, adaptée à nos entreprises.

Les contenus peuvent être complétés pour intégrer de nouveaux automatismes, des systèmes de supervision, des composants électroniques ou des technologies énergétiques spécifiques aux transports urbains et ferroviaires.

« Le partenariat avec l’UIMM et la possibilité de déployer des CQPM au sein de nos branches nous permet de nous adosser à l’appareil de formation de la métallurgie et de déployer une offre de formation certifiante, adaptée à nos entreprises sur l’ensemble du territoire, et ainsi relever le défi du recrutement et de la formation sur les métiers essentiels de la maintenance », explique Florence Sautejeau, Directrice générale de UTPF.

Déployer les formations au plus près des entreprises

Une fois les besoins analysés et les parcours définis ou adaptés, le réseau des Pôles formation UIMM permet d’organiser leur déploiement dans les territoires. Son implantation facilite la mise en relation avec les entreprises, l’accès aux plateaux techniques et l’accompagnement des candidats comme des salariés.

Au-delà de la certification, les CQPM peuvent aussi devenir un trait d’union entre les entreprises : en rapprochant des besoins similaires, ils permettent de faciliter les recrutements et l’organisation des formations aux au bénéfice des entreprises sur l’ensemble du territoire. 

Découvrir la politique formation emploi de l'UIMM

Réunir grandes écoles, formations d’excellence et connaissance fine des entreprises industrielles : c’est le principe des ITII. Une structure partenariale entre les UIMM territoriales et des écoles d’ingénieurs, qui co-construisent, au plus près des territoires, des cursus qui combinent excellence pédagogique et expérience industrielle. Zoom sur ce modèle partenarial au service des entreprises. 

Un ITII, une école d’ingénieurs ? 

Le réseau ITII n’est pas une école d’ingénieurs à proprement parler mais plutôt un dispositif partenarial entre les UIMM territoriales, les écoles d’ingénieurs, les universités et les entreprises. 

Sous la bannière « ITII », ils co-construisent les maquettes pédagogiques au plus près des besoins des entreprises industrielles du territoire et assurent notamment la coordination des formations et le lien entre établissements d’enseignement supérieur et entreprises.  

Ainsi, le réseau s’appuie sur plus de 85 écoles d’ingénieurs et universités partenaires dont : CNAM, réseau Polytech, ESTACA, Mines Paris – PSL, Ecole centrale de Nantes, CESI école d’ingénieurs, les Pôles formation UIMM … 

Depuis 2024, le réseau des ITII intègre des formations de niveau bac +3 et bac+5 ; ce qui permet de compléter le vivier de diplômés à destination des entreprises du territoire, avec, notamment, des techniciens supérieurs et des cadres techniques.  

Au total, les ITII proposent 161 filières de formation et accompagnent chaque année 10 000 apprentis dont 3 500 diplômés. 

Formation ITII et une formation par apprentissage : quelle différence ? 

L’apprentissage repose sur une relation entre l’école, l’entreprise et le jeune. Avec l’ITII, ce modèle s’enrichit d’un quatrième acteur : l’ITII, qui fait le lien entre ces trois parties. 

L’ITII réunit, sur un même territoire, l’excellence pédagogique des écoles partenaires, l’expertise des entreprises industrielles et les outils de formation disponibles localement. 

L’enjeu pour les entreprises : former des techniciens et des ingénieurs qui répondent à leurs besoins et à leurs exigences d’excellence ; pour les jeunes, accéder à des formations d’ingénieurs de haut niveau, directement connectées à l’industrie et offrant de solides perspectives d’insertion. 

Le parcours d’Auxence Dorigo, apprenti ingénieur à l’ITII Picardie et en alternance chez Safran, illustre concrètement ce modèle.

L’ITII permet-il aussi de faire évoluer les salariés déjà en poste ? 

Le réseau propose également des formations d’ingénieurs par la voie de la formation continue, permettant à des salariés déjà en poste de faire évoluer leurs compétences et leur niveau de qualification. 

Pour les entreprises, notamment les PME et les ETI, ces parcours constituent un levier pour accompagner l’évolution professionnelle vers des fonctions d’ingénieur ou de cadre technique. Ils permettent de valoriser les compétences acquises dans l’entreprise, tout en apportant de nouvelles compétences scientifiques, techniques et managériales. 

Cette possibilité peut également contribuer à fidéliser les talents en offrant des perspectives d’évolution aux salariés qui souhaitent poursuivre leur parcours dans l’entreprise. 

En 2025, les formations d’ingénieurs ITII par la voie de la formation continue ont enregistré 96 % de réussite aux examens. 

Où trouver une formation ITII ? 

Le réseau compte 23 ITII répartis dans les territoires, avec des formations dans de nombreuses spécialités industrielles : génie industriel, informatique, automatisme, cybersécurité, matériaux, énergie, mécanique, etc.  

Pour trouver la formation adaptée à son parcours et à son territoire, le plus simple est de consulter l’annuaire des 23 ITII. Il permet de rechercher les formations par région, thématiques et spécialités proposées par les meilleures écoles d’ingénieurs.  

Consultez l’annuaire des 23 ITII et trouvez une formation

Dans le cadre de sa campagne d’attractivité des métiers #ChoisirDeFaire à destination des jeunes, l’UIMM met à l’honneur ceux qui ont fait le choix de l’industrie. Zoom sur Auxence Dorigo, apprenti ingénieur à l’ITII de Picardie et son parcours de haut niveau tant professionnel que sportif. 

Une touche de précision 

Auxence est apprenti ingénieur en Conception Assistée par Ordinateur (CAO) à l’ITII Picardie et en alternance chez Safran. Après avoir décroché l’or dans sa spécialité lors des sélections nationales WorldSkills France, il représentera l’excellence de l’industrie française lors des Abilympics (compétition internationale des métiers pour personnes en situation de handicap) dont la prochaine édition aura lieu à Helsinki du 10 au 14 mai 2027. 

L’or, Auxence l’a aussi tutoyé à la pointe de son épée, toujours vêtu du maillot tricolore. Escrimeur depuis ses 3 ans, il a décroché des titres de vice-champion du monde et d’Europe junior. 

Sa vision de l’industrie et ses conseils pour les jeunes sont à retrouver dans cette vidéo. 

ITII : un réseau partenaire des écoles d’ingénieurs

Auxence Dorigo construit son avenir d’ingénieur avec l’ITII Picardie. Cet établissement s’inscrit dans un réseau national unique de 23 instituts, créés à l’initiative de la branche de la métallurgie en partenariat avec 85 écoles d’ingénieurs et universités. Ensemble, ils co-construisent des formations d’ingénieurs en apprentissage reconnues pour leur excellence. 

Voir le site de l'ITII

Défilé du 14 juillet, salon Eurosatory historique, intérêt croissant des investisseurs… L’industrie de défense et de sécurité terrestre et aéroterrestre connaît une transformation profonde de son image. Longtemps perçue comme un secteur à part, il est aujourd’hui davantage reconnu comme un pilier de souveraineté, une industrie d’innovation et une filière créatrice d’opportunités professionnelles. Delphine Sampic, directrice corporate de la communication, et Julia Lemonnier, responsable attractivité et RSE au GICAT*, analysent cette évolution.

Observe-t-on aujourd’hui un changement de regard sur l’industrie de défense ?

Delphine Sampic : Oui, nous assistons à une évolution profonde du regard porté sur nos industries. Cette nouvelle perception est liée à une prise de conscience collective : un pays doit disposer d’une capacité industrielle solide pour garantir sa souveraineté.

Par exemple, au salon du Bourget, sur le pavillon de nos adhérents, les questions du public n’étaient plus d’ordre éthique. Elles portaient sur leurs capacités industrielles : « Sommes-nous prêts ? Avons-nous suffisamment de stocks ? Sommes-nous capables de produire davantage ? ». C’est un changement majeur.

« Eurosatory a enregistré une fréquentation historique »

Cette évolution s’est également traduite lors d’Eurosatory, qui a enregistré une fréquentation historique avec près de 60 000 visiteurs (contre 42 000 en 2024), 2 600 exposants issus de 60 pays et 440 délégations officielles. La défense est aujourd’hui davantage perçue comme une industrie utile, innovante et indispensable à la protection collective.

Cela se traduit-il aussi par un regain d’intérêt pour les métiers du secteur ?

Julia Lemonnier : Oui, et c’est un enjeu majeur pour accompagner la montée en puissance de la filière. Nos entreprises adhérentes emploient 55 000 personnes et recrutent du CAP au Bac+6 et valorisent largement les compétences transférables.

Nous constatons de nombreuses reconversions réussies, notamment de femmes issues de métiers très différents. Je pense par exemple à une ancienne professionnelle de la joaillerie qui participe désormais à l’assemblage d’équipements de haute technologie pour la défense. Des profils issus de la coiffure ou de l’esthétique trouvent également leur place dans des métiers industriels comme la soudure grâce à leur maîtrise du geste, de la précision et du travail minutieux.

Ce sont des messages que nous portons tout au long de l’année pour faire connaître la diversité des opportunités offertes par la filière.

« De nouveaux profils trouvent leur place dans nos entreprises »

À Eurosatory, la « Tente des métiers » a accueilli cette année 4 000 visiteurs, dont 3 000 étudiants et 1 000 demandeurs d’emploi mobilisés en amont. Plus de 500 entretiens de recrutement formels ont été réalisés. La défense est de plus en plus perçue comme un secteur d’opportunités pour celles et ceux qui souhaitent construire leur avenir professionnel dans l’industrie.

Cette nouvelle perception se traduit-elle aussi auprès des financeurs ?

Delphine Sampic : Les lignes évoluent rapidement. Le travail de pédagogie mené ces dernières années auprès des décideurs publics, des parlementaires et des acteurs financiers a permis de mieux faire comprendre les spécificités de notre industrie.

Cette évolution se traduit également au niveau européen, avec un changement progressif de regard dans les cadres extra-financiers, notamment autour de la taxonomie, qui devrait faciliter l’accès au financement pour nos PME et ETI.

La défense n’est plus considérée uniquement sous l’angle des risques, notamment en matière d’image. Elle est désormais reconnue comme un investissement nécessaire pour renforcer notre sécurité et notre autonomie stratégique.

« Sur le financement, les lignes évoluent rapidement »

Julia Lemonnier : Pour la première fois cette année sur Eurosatory, nous avons accueilli un pôle financier structuré réunissant banques et investisseurs. Nous avons également accompagné une trentaine de délégations d’acteurs financiers venus rencontrer directement nos industriels.

Nos entreprises démontrent aussi que performance industrielle et responsabilité vont de pair. Engagées dans des démarches RSE structurées, elles répondent aux attentes croissantes des investisseurs en matière de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance. Innovation, maîtrise de l’impact environnemental, développement des compétences et ancrage territorial sont autant de leviers qui renforcent aujourd’hui l’attractivité de la filière.

Delphine Sampic (Directrice corporate de la communication) et Julia Lemonnier (Responsable Attractivité et RSE) au GICAT