Muriel Lelong dirige 2PS, une entreprise aveyronnaise de 20 collaborateurs spécialisée dans le revêtement d’implants orthopédiques par projection plasma. Première entreprise labellisée « médaille d’or » dans le cadre de la démarche RSE de l’UIMM « + Engagés, + Performants », la dirigeante revient sur sa vision d’une RSE ancrée dans la réalité économique et industrielle.

Quel est le cœur de métier de 2PS située à Montbazens ?
Pour simplifier, nous appliquons de la poudre d’os artificielle sur des prothèses de hanches, de genoux ou de chevilles. C’est un procédé de haute précision, de la bijouterie industrielle. Nous utilisons le quatrième état de la matière, le plasma, pour créer un jet à 15 000 degrés qui projette la poudre sur la pièce. Nous sommes seulement sept en Europe sur ce créneau.
Vous venez d’obtenir la médaille d’or du label RSE de l’UIMM. Comment abordez-vous cette démarche ?
Les actions RSE doivent être concrètes et permettre à l’entreprise de s’y retrouver économiquement, sinon au mieux c’est du bénévolat au pire du greenwashing.
Il faut donc transformer ce discours de « je fais de la RSE parce que c’est bien » en une composante d’une réflexion où chaque action doit avoir une utilité économique et une vraie raison d’être.
Sur la RSE, si une entreprise ne s’y retrouve pas économiquement au mieux c’est du bénévolat au pire du greenwashing.
Quelles actions vous ont permis de lier utilité économique et RSE ?
Nous sommes une entreprise en pleine croissance et nous cherchions à augmenter l’amplitude horaire de production sur les machines. La solution : travailler sur 4 jours et demi plutôt que 5. Ainsi, nous prolongeons l’amplitude quotidienne des équipements et dédions le créneau du vendredi après-midi à la maintenance ce qui ne perturbe pas le flux de production. C’est un gain immense en confort pour les salariés et cela nous permet d’augmenter la production. C’est aussi un levier d’attractivité pour recruter. Tout le monde y gagne.
Autre exemple, nous avons installé un circuit fermé pour réutiliser l’eau de refroidissement de nos machines. Sans eau, nous ne produisons pas. En juillet, si on nous coupe l’eau comme cela peut arriver en Espagne à quelques kilomètres, je perds 20 % de ma production. Rationaliser l’eau, ce n’est donc pas seulement une action RSE, c’est aussi sécuriser l’entreprise face aux risques climatiques.
Ce sont des actions utiles qui s’inscrivent dans une vraie réflexion.
Rationaliser l’eau, ce n’est pas seulement RSE, c’est aussi sécuriser l’entreprise face aux risques climatiques.
Il vous reste une marche à franchir pour atteindre le niveau « Platine ». Quels sont les axes de travail pour y parvenir ?
L’obtention de la médaille « Platine » n’est pas une option pour moi. Pour cela, nous explorons des pistes d’autonomie énergétique, comme la production de notre propre hydrogène avec des électrolyseurs. Les autres défis seront d’imprégner un peu plus notre chaîne de valeur dans notre démarche. Nous devons aussi continuer à formaliser ce que nous faisons déjà.
Le Label de l’UIMM ? Il est carré, structuré et facile à prendre en main.
Quel est le principal bénéfice de cette labellisation pour une dirigeante de PME ?
L’avantage du label de l’UIMM c’est qu’il est carré, structuré et facile à prendre en main. Cela nous a permis de poser les choses, de lister nos actions et de réaliser que nous avions une démarche cohérente. Elle est désormais formalisée et nous pouvons ainsi la valoriser en interne comme auprès de nos parties prenantes.

La Convention Nationale d’Objectifs (CNO) permet aux entreprises métallurgiques d’obtenir des avances financières pour investir dans des mesures de réduction et de maitrises des risques professionnels. Trois entreprises témoignent de la manière dont ce financement a contribué à la modernisation de leurs installations.
Un nouveau souffle pour l’atelier d’usinage
Le projet
- installation d’aspirateurs de brouillards industriels sur l’ensemble des centres d’usinage et des machines de rectification.
L’aide financière
- L’entreprise a bénéficié d’une prise en charge de près de 30 % soit 24 000 € grâce à l’existence de la CNO pour un investissement global de 80 000 €.
Le retour d’expérience
« La CARSAT a pu nous accompagner dans la réflexion sur les solutions, et nous a également mis à disposition un panel de prestataires agréés à cette typologie de besoin. La différence au niveau de la qualité de l’air ambiant s’est fait sentir dès le démarrage des installations et nos opérateurs reconnaissent une vraie évolution positive en termes de qualité de vie. »
Nos opérateurs reconnaissent une vraie évolution positive en termes de qualité de vie.
La prévention dès la conception de nouveaux bâtiments
Le projet
Intégration dès la conception de nouveaux bâtiments en 2023, des solutions renforçant la sécurité et la prévention des risques professionnels : limitation des risques de chutes, limitation des risques d’exposition aux fumées de soudure, amélioration du confort thermique et acoustique, de l’éclairage naturel, du bien-être…
L’aide financière
L’entreprise a bénéficié d’une prise en charge de 75 000€ grâce à l’existence de la CNO pour un investissement global de 370 000 €.
Le retour d’expérience
« Ces nouveaux sites offrent désormais un environnement de travail moderne, sécurisé et parfaitement adapté aux besoins des salariés. La CARSAT, via la CNO, nous a permis d’être bien accompagnés tout au long du projet. Elle a aussi contribué à son financement, ce qui a facilité la réalisation de nos démarches. »
La CARSAT, via la CNO, nous a permis d’être bien accompagnés tout au long du projet.
Une modernisation d’équipements pour du câblage industriel
Les projets
- mise en sécurité de machines permettant la fabrication des chemins de câbles avec l’installation de hottes aspirantes des fumées de soudure pour les chemins de câbles en fils d’acier soudés ;
- installation de barrière de protection pour les chemins de câbles en tôles.
Ce volet technique a été doublé d’une amélioration de la formation à la sécurité du personnel
L’aide financière
L’entreprise a bénéficié d’une prise en charge de 27 000 € grâce à l’existence de la CNO pour un investissement global de 82 772 €.
Le retour d’expérience
« La subvention obtenue a permis de financer des actions essentielles notamment la sécurisation des équipements et zones sensibles ainsi que l’amélioration des procédures d’exploitation et de maintenance. Ces projets répondaient à des enjeux majeurs de prévention des risques et de protection des personnes, des équipements et de l’environnement. Ils visaient à renforcer durablement la fiabilité de l’installation et à garantir des conditions d’exploitation sûres et conformes aux normes en vigueur. Ils contribuent directement à la pérennité de notre activité et à l’amélioration des conditions de travail sur le site ».
Ces projets financés avec la CNO contribuent directement à la pérennité de notre activité et à l’amélioration des conditions de travail sur le site.
Les modalités d’accès au dispositif CNO
Bénéficiez de cet accompagnement financier en consultant dès maintenant les conditions de prise en charge et les étapes clés de la démarche. Retrouvez dans cet article toutes les informations nécessaires pour concrétiser vos projets de prévention et sécuriser vos investissements avec la CARSAT.
Le pilier « Production et Impact Environnemental » constitue le moteur opérationnel d’une démarche RSE concrète. Il transforme les enjeux écologiques en leviers d’innovation et de performance industrielle. 3 entreprises témoignent de la façon dont elles ont adapté leurs procédés de fabrication de la conception à la seconde vie de leurs produits.
Cette approche guide les entreprises vers les bonnes pratiques industrielles pour transformer les défis écologiques en leviers de croissance, garantissant ainsi une performance à la fois financière et environnementale.
Elle regroupe 5 enjeux :
- Optimiser la performance industrielle ;
- Optimiser l’utilisation des énergies et fluides liés à la production et aux bâtiments ;
- Optimiser l’utilisation des matières et emballages ;
- Produire en maîtrisant ses émissions de CO2 et en anticipant les conséquences du changement climatique ;
- Produire en maîtrisant les pollutions, les déchets et les impacts sur la biodiversité
Des exemples pour produire tout en maîtrisant son empreinte
Découvrez les actions concrètes déployées par les entreprises pour maîtriser l’impact environnemental de leurs activités :
- Concevoir des machines réduisant les déchets lors de leur utilisation (groupe REP) : constructeur de presses industrielles, le groupe développe des procédés permettant à ses clients de réduire leurs propres déchets voire de permettre leur réinjection de leur cycle de production.
- Création d’une filière de vente de machines d’occasion et de filières de tri (entreprise Guelt) : en choisissant des composants facilement démontables et recyclables, cette société spécialisée dans les machines de conditionnement structure des filières de tri spécifiques (aluminium, huile, électronique) et crée un marché pour ses machines reconditionnées.
- Création d’une usine sans rejets (entreprise Eyco) : spécialisée dans la microélectronique, l’entreprise a choisi d’aller au-delà des obligations réglementaires en créant une usine sans rejets. Grâce à un système d’évaporation sous vide, elle fonctionne en quasi-circuit fermé, ne consommant qu’une baignoire d’eau par jour (1,7 m³) là où le secteur en utilise habituellement entre 40 et 100 m³.
La RSE uniquement une affaire de grands groupes ? Non ! La preuve avec Samuel Ducat, dirigeant de SD mécanique générale, une société de 2 salariés situés à Troyes dans l’Aube. Il a reçu la 1 500ème charte d’engagement « + Engagés + Performants ». Il explique les raisons de son engagement et les bénéfices quotidiens qu’il en tire en tant que dirigeant d’une TPE « où il faut savoir tout faire ».
Pourquoi faut-il s’engager dans une démarche RSE même dans une entreprise de 2 salariés ?
Pour moi, c’est une question de dynamisme et de réalisme. On dit souvent « petite entreprise » ou « petit chef d’entreprise », mais je n’aime pas ces termes. Nous gérons des structures où il faut savoir tout faire et prendre des risques. C’est d’autant plus vrai dans l’industrie où il faut investir notamment pour le parc machines. Jusqu’ici, je faisais beaucoup de choses intuitivement. Or le problème quand on ne formalise pas, c’est qu’on peut vite s’écarter de sa ligne de conduite avec la fatigue ou la charge de travail. La charte agit comme un « bornage ».
La charte RSE nous permet d’exister auprès de ces donneurs d’ordres sans être noyés par une complexité administrative. C’est une démarche dimensionnée, lisible et surtout valorisante pour notre savoir-faire.
De plus, si on veut décrocher des marchés, il faut être proactif. Par exemple, via le GIE Armitech 3D (basé dans les Ardennes) dont je fais partie, nous travaillons pour l’armement et la défense. Nous devons coller à leur réalité et aux exigences de “gros” acteurs. La charte RSE nous permet d’exister auprès de ces donneurs d’ordres sans être noyés par une complexité administrative. C’est une démarche dimensionnée, lisible et surtout valorisante pour notre savoir-faire.
Vous dites que la RSE est devenue pour vous un véritable « outil de pilotage ». Comment cela se traduit-il au quotidien ?
Elle nous éclaire sur nos points forts et nos axes d’amélioration. Formaliser nos pratiques nous permet de ne pas nous évader et de rester rigoureux. C’est un investissement de temps que je ne regrette absolument pas, car il nous donne un repère structurant. En fin de compte, cela nous permet de gagner en efficacité et, par extension, de protéger notre rentabilité.
A ce titre, je tiens à remercier l’UIMM Champagne-Ardenne et plus particulièrement Sandra Hamny et Lise Nguyen pour leur accompagnement.
Rester à la pointe humainement et techniquement.
La dimension humaine est centrale dans une démarche RSE. Quel rôle votre salarié joue-t-il ?
J’ai la chance d’avoir un collaborateur qui partage cette volonté d’amélioration constante. Pour moi, valoriser un salarié, c’est avant tout reconnaître son expertise professionnelle de haute technicité sur sa machine, et c’est normal ! La démarche RSE de l’UIMM, qui s’appuie notamment sur des piliers solides en matière de social et RH ou de gouvernance et stratégie, nous apporte des leviers d’actions concrets pour structurer cette vision.
En amenant les sujets RSE de façon positive et ludique, on crée une véritable cohésion. Mon salarié n’y voit pas une contrainte, mais un projet de construction commune. On avance ensemble, dans la bonne humeur, pour s’assurer que l’entreprise reste à la pointe humainement et techniquement. C’est ce dynamisme collectif qui garantit notre avenir.
Le pilier « Développement de produits, marchés et services » place l’innovation responsable au cœur de la stratégie commerciale. Il permet à l’entreprise de repenser son offre pour répondre aux enjeux environnementaux et sociétaux tout en créant un avantage compétitif durable. 3 entreprises témoignent de la manière dont elles adaptent leur modèle.
Ce pilier, qui figure parmi les 5 approches du référentiel RSE UIMM (« Gouvernance et de la Stratégie », « Social & RH », développement produits/marchés/ services, production et impact environnemental, écosystème de l’entreprise) , vise à intégrer les enjeux environnementaux et sociaux dès la conception de l’offre et tout au long de son cycle de vie. Bien intégré, il guide les entreprises sur 5 enjeux clés :
- Développer des solutions innovantes
- Satisfaire les clients pour mieux vendre
- Définir et décliner une politique commerciale
- Développer des partenariats R&D
- Assurer une veille concurrentielle, technique et réglementaire
Transformer leur offre et développer leurs marchés ? Ils l’ont fait !
Découvrez les actions concrètes déployées par les entreprises engagées dans la démarche RSE de l’UIMM pour innover durablement et valoriser leur savoir-faire :
- Réduire son empreinte carbone en visant de nouveaux marchés (Groupe Delta Développement Durable) : pour assurer sa pérennité, le groupe a fait de la décarbonation un levier de développement. En orientant ses activités vers des marchés à faible impact carbone, l’entreprise transforme la contrainte environnementale en une opportunité de croissance stratégique.
- Valoriser le coût d’usage plutôt que le coût d’achat (Entreprise Goubard) : le spécialiste de la benne industrielle mise sur la durabilité. En allongeant la durée de vie de ses produits, l’entreprise incite ses clients à privilégier l’investissement sur le long terme (coût d’usage) plutôt que le prix d’achat immédiat, réduisant ainsi la consommation de ressources.
- Intégrer l’écoconception pour des innovations durables (Entreprise ASG) : pour rendre ses innovations plus respectueuses de l’environnement, l’entreprise intègre les principes de l’écoconception dès la phase de recherche et développement. Cette démarche permet de minimiser l’impact environnemental des produits avant même leur mise sur le marché.
Ces actions s’inscrivent dans le cadre plus large de la démarche RSE de l’UIMM, conçue pour accompagner les entreprises industrielles vers un modèle de croissance à la fois engagé et performant.
Cette vidéo « Décodage », présentée par Frédéric Gonand, économiste à l’Université Paris-Dauphine et Conseiller économique à l’UIMM, analyse le basculement du marché français de l’électricité après la fin de l’ARENH au 31 décembre 2025. Ce décryptage détaille le passage d’un prix régulé à un mécanisme de redistribution, le Versement Nucléaire Universel (VNU), dans un contexte de détente des prix de gros.
La fin de l’ARENH va-t-elle fragiliser la compétitivité de l’industrie ?
L’analyse souligne une transition majeure : l’abandon du tarif fixe de 42 €/MWh au profit du VNU. Ce nouveau dispositif redistribue aux clients une part des profits d’EDF si les prix de marché dépassent 78 €/MWh, protégeant ainsi les entreprises contre les pics de volatilité sans enfreindre les règles européennes.
Sur le plan économique, la France bénéficie d’une situation privilégiée. Malgré la fin des prix régulés, les tarifs français restent nettement inférieurs aux prix allemands ou italiens. Cette dynamique est portée par un retour à la performance du parc nucléaire et une accélération de la production solaire (+24 % en 2025), créant une situation de surcapacité face à une demande atone.
En définitive, l’impact de la fin de l’ARENH sur la facture industrielle restera marginal, l’abondance de l’offre stabilisant les prix autour de 48 €/MWh. L’enjeu pour l’État réside désormais dans l’arbitrage entre le financement des nouveaux réacteurs EPR et le maintien d’un prix de l’énergie bas, levier stratégique de la réindustrialisation française.
Face aux tensions de recrutement dans l’industrie, la Préparation Opérationnelle à l’Emploi (POE) s’impose comme un levier stratégique pour les entreprises. Maryline Daireaux, référente Emploi et Compétences au sein du réseau UIMM, nous explique comment ce dispositif permet de sécuriser l’intégration de nouveaux talents grâce au « sur-mesure ».
Vous accompagnez quotidiennement des industriels sur tout le territoire. Pourquoi la POE est-elle aujourd’hui un outil indispensable pour une TPE ou une PME ?
Maryline Daireaux : Aujourd’hui, le constat est global : le candidat « clé en main » avec 10 ans d’expérience est devenu une denrée rare. Pour nos entreprises, l’enjeu est de passer d’une logique de « recherche du profil parfait » à une logique de « construction de la compétence ».
La POE, c’est ce que j’appelle faire de la « dentelle ». C’est un dispositif d’une souplesse incroyable qui permet de recruter quelqu’un qui a le bon savoir-être, mais à qui il manque le « petit truc » technique pour être opérationnel sur un poste spécifique (plieur, câbleur, opérateur de production…). On ne subit plus un référentiel rigide : on adapte les modules de formation – qu’ils soient réalisés en centre de formation ou en école interne – pour qu’ils collent exactement aux besoins réels de l’atelier.
Si un candidat semble motivé, il faut s’y intéresser. Nous construisons le reste avec la POE.
Concrètement, comment ce dispositif permet-il de lever les freins au recrutement, tant sur l’aspect technique que financier ?
M.D. : Le premier frein, c’est souvent la peur de l’échec lors de l’intégration d’un profil atypique. La POE sécurise tout le monde. L’entreprise peut tester le candidat pendant une période de formation (jusqu’à 400 heures) sans porter le coût salarial immédiat, puisque le futur collaborateur reste indemnisé par France Travail.
C’est aussi un argument fort pour aider les recruteurs à s’ouvrir à de nouveaux horizons. Si un candidat semble motivé, il faut s’y intéresser. Nous construisons le reste ensemble via la POE.
Nous voyons des trajectoires magnifiques qui choississent l’industrie, comme cette ancienne coiffeuse devenue 5 ans plus tard chef d’atelier en usinage après un parcours de formation adapté. C’est un investissement sur le potentiel humain plutôt que sur un CV statique.
Quel est l’accompagnement proposé par le réseau UIMM dans la mise en œuvre de ces parcours ?
M.D. : Notre rôle est de décharger l’entreprise de toute la complexité administrative et pédagogique. Nous gérons l’ingénierie : identifier le centre de formation adéquat, monter le dossier de financement et s’assurer que le contenu pédagogique répond bien aux exigences du poste et de la certification visée.
Décharger l’entreprise de toute la complexité administrative et pédagogique.
Dans certains cas, nous accompagnons même l’entreprise jusqu’au bout du processus d’intégration pour faciliter la transition entre la formation et la prise de poste définitive. Notre mission est d’apporter de la proximité. Nous transformons une difficulté de recrutement en une opportunité de croissance, en faisant de l’entreprise un véritable lieu d’apprentissage et d’inclusion.
Marilyne Daireaux, référente Emploi et Compétences au sein du réseau UIMM
Vous avez un besoin en recrutement ? Rapprochez-vous de votre Pôle formation UIMM ou de votre UIMM territoriale pour une étude personnalisée de vos besoins.
Le pilier Gouvernance et Stratégie constitue la base essentielle de toute démarche RSE réussie. Il transforme l’engagement sociétal en un enjeu collectif et partagé au sein de l’entreprise. 3 entreprises témoignent de la façon dont elles organisent leur gouvernance et associent les salariés aux décisions stratégiques afin d’être plus engagées et plus performantes.
Ce pilier vise à guider et à favoriser les bonnes pratiques des entreprises dans des axes clés de leurs activités, en assurant une double performance financière et extra-financière :
- Assurer la création de valeur financière et non financière ;
- Définir et respecter les valeurs de l’entreprise (éthiques, managériales et professionnelles) ;
- Définir le projet d’entreprise en fonction des impacts, des risques et des opportunités ;
- Identifier, dialoguer et communiquer avec ses parties prenantes ;
- Piloter l’organisation.
Des exemples pour piloter et définir la stratégie de son entreprise
Découvrez les actions concrètes déployées par les entreprises pour renforcer leur gouvernance et définir collectivement leur stratégie :
- Création d’un « comité RSE » (Innovating Imaging Solution -I2s) : pour mener à bien sa démarche, la société de 80 employés, spécialisée en imagerie et transmission vidéo, a créé un Comité RSE. Entièrement fondé sur le volontariat, il se divise en plusieurs groupes, par approche spécifique de la RSE. Son fonctionnement est calqué sur celui du Comité de direction.
- Dialoguer avec les parties prenantes (groupe Ragni) : le groupe spécialiste de l’éclairage urbain a fait le pari du dialogue pour piloter sa démarche RSE. Le service « Dialogue et Développement Durable », a organisé un évènement avec l’ensemble de ses parties prenantes pour évoquer son projet d’entreprise.
- L’instauration d’une « revue RSE des managers » (SNS Industrie) : pour élaborer sa stratégie et la déployer sur le terrain, l’entreprise spécialiste des filtres industriels insiste sur l’importance des managers. Pour cela, elle a constitué une « revue des managers » permettant de s’appuyer sur leurs compétences stratégiques et opérationnelles.
Dirigeant d’une PME d’usinage basée à Saint-Amand-Les-Eaux, Xavier Heuille, ingénieur de formation, intégre l’intelligence artificielle de manière pragmatique dans son entreprise. Loin des fantasmes d’une IA « omnisciente », il partage sa méthode pour passer d’une méfiance initiale à l’identification d’une trentaine de cas d’usage concrets. Il insiste l’importance d’avancer par « petits pas pour éviter les surenchères ».
Comment l’IA s’est-elle concrètement intégrée à votre PME d’usinage, et quels types de cas d’usage avez-vous identifiés ?
Au départ, dans l’industrie, on pense d’abord robotique, pas IA. Mais en explorant le low-code/no-code pour piloter l’entreprise, l’IA est venue naturellement compléter notre réflexion. Très vite, nous sommes passés de « je ne sais pas quoi en faire » à une trentaine de cas d’usage identifiés, comme l’assistance à la lecture de plans, la vérification automatique de certificats ou la formation individualisée. Parfois, le gain n’est pas en temps mais en qualité.
Parfois avec l’IA, le gain n’est pas en temps mais en qualité.
Pourquoi les entreprises s’épuisent-elles souvent sur leurs projets d’IA, et quelle est la stratégie concrète pour un déploiement réussi ?
Avec l’intelligence artificielle, le risque n’est pas de faire trop peu, mais trop vite et trop grand. On a tous rêvé d’une IA qui ferait tout à notre place : lire les plans, chiffrer les pièces, générer les devis… Sauf que ce n’est pas comme ça que ça marche. Si on veut que l’IA nous aide vraiment, il faut la faire progresser pas à pas, sur des tâches ciblées. Résultat : les entreprises s’épuisent et abandonnent. Il vaut mieux découper le problème en petites étapes : un premier module qui décrit les pièces, un second qui analyse les temps d’usinage, un troisième qui suggère des optimisations.
Au-delà de la stratégie technique, quelle est la clé du succès à ne jamais négliger avec ces outils ?
L’autre clé réside dans l’usage professionnel et maîtrisé. Je vois trop de gens utiliser leur compte personnel pour des sujets sensibles. La sécurité des données doit être la première des préoccupations.
IA@Work : un projet européen pour analyser l’impact de l’IA
Xavier Heuille participe au projet IA@Work, coordonné par le Ceemet et dont l’Institut européen des employeurs (EEI) est partenaire. Ce projet d’une durée de deux ans, porte l’objectif de comprendre l’impact de l’IA sur les personnes et la gestion des entreprises au niveau européen. Pour en savoir plus, retrouvez l’interview de Delphine Rudelli, déléguée générale du Ceemet et présidente du conseil d’administration de l’EEI qui coordonne ce projet européen.
Comprendre l’impact de l’IA sur les personnes et la gestion des entreprises. C’est l’objectif du projet IA@Work – coordonné par le Ceemet et dont l’Institut européen des employeurs (EEI) est partenaire. Il contribue également à développer une compréhension commune des opportunités et des risques liés à l’utilisation de l’IA dans le monde du travail, dans un contexte marqué par l’AI Act et la montée de la gestion algorithmique. Delphine Rudelli, déléguée générale du Ceemet et présidente du Conseil d’Administration de l’EEI, revient sur les enjeux de ce projet européen.
Qu’est-ce que le projet IA@Work ?
IA@Work est un projet européen coordonné par le Ceemet, et réalisé en partenariat avec l’EEI et deux instituts de recherche allemands, IFAA et IW. D’une durée de deux ans et financé par l’Union européenne, celui-ci vise à permettre aux partenaires sociaux européens et nationaux de mieux comprendre les défis, les opportunités et les besoins des entreprises en matière d’intelligence artificielle au travail. Un sujet crucial pour les entreprises et l’économie européenne.
Concrètement, ce projet permettra d’analyser la réglementation européenne sur l’IA (la fiche d’information à ce sujet est déjà disponible). Il évaluera son impact sur le lieu de travail. Enfin, il documentera par des cas d’usage la façon dont l’IA est utilisée au service de la compétitivité ainsi que pour planifier et gérer la main d’œuvre. Début 2026, sera réalisée une analyse des offres d’emploi sur la période 2022-2025 afin de cartographier la demande en compétences en IA dans différents pays, secteurs et groupes régionaux.
Ce projet analysera la réglementation européenne et évaluera son impact sur le lieu de travail et documentera des cas d’usage.
Comment les entreprises, notamment industrielles, sont-elles associées à ce projet ?
Ce projet couvre tous les pays d’Europe et de nombreux secteurs d’activité (travail temporaire, construction, chimie, métallurgie, agriculture, commerce, etc.). Les entreprises industrielles sont au cœur du dispositif via leurs organisations représentatives – Ceemet, UIMM et fédérations nationales d’autres pays européens – qui relaient leurs besoins et retours d’expérience tout au long du projet. Elles contribuent aussi directement à travers des études de cas et des enquêtes permettant de baser les recherches sur des situations réelles et de garantir des résultats opérationnels pour le terrain. Parmi les entreprises de notre secteur qui contribuent figurent de grands groupes comme Airbus et des PMI comme Heuille et fils.
Quelles sont les grandes étapes du projet IA@Work ?
Le projet se déroule sur 24 mois, avec d’abord une phase de cadrage puis de recherche qui comprend l’analyse des réglementations existantes et la collecte de données de terrain, notamment via des études de cas et des enquêtes entreprises. Tout au long du projet, sont organisés des ateliers de restitution et d’échange – deux ateliers intermédiaires à Bruxelles et à Cologne, puis une conférence finale – qui permettront de partager les résultats, de tester nos recommandations avec les partenaires sociaux et de permettre leur diffusion au plus grand monde. Vous pouvez retrouver toutes les informations et livrables de ce projet sur la page dédiée de l’EEI.
Delphine Rudelli, déléguée générale du Ceemet et présidente du Conseil d’Administration de l’EEI.