Cette vidéo « Décodage », présentée par Frédéric Gonand, économiste à l’Université Paris-Dauphine et Conseiller économique à l’UIMM, analyse le basculement du marché français de l’électricité après la fin de l’ARENH au 31 décembre 2025. Ce décryptage détaille le passage d’un prix régulé à un mécanisme de redistribution, le Versement Nucléaire Universel (VNU), dans un contexte de détente des prix de gros.
La fin de l’ARENH va-t-elle fragiliser la compétitivité de l’industrie ?
L’analyse souligne une transition majeure : l’abandon du tarif fixe de 42 €/MWh au profit du VNU. Ce nouveau dispositif redistribue aux clients une part des profits d’EDF si les prix de marché dépassent 78 €/MWh, protégeant ainsi les entreprises contre les pics de volatilité sans enfreindre les règles européennes.
Sur le plan économique, la France bénéficie d’une situation privilégiée. Malgré la fin des prix régulés, les tarifs français restent nettement inférieurs aux prix allemands ou italiens. Cette dynamique est portée par un retour à la performance du parc nucléaire et une accélération de la production solaire (+24 % en 2025), créant une situation de surcapacité face à une demande atone.
En définitive, l’impact de la fin de l’ARENH sur la facture industrielle restera marginal, l’abondance de l’offre stabilisant les prix autour de 48 €/MWh. L’enjeu pour l’État réside désormais dans l’arbitrage entre le financement des nouveaux réacteurs EPR et le maintien d’un prix de l’énergie bas, levier stratégique de la réindustrialisation française.